Combien de carottes quand la biopsie de prostate est faite avec l’IRM multiparamétrique ?

La biopsie de prostate (BP) sous imagerie par résonance magnétique multiparamétrique combinée à l’échographie (IRME) permettrait un taux de détection de lésions tumorales plus élevé que les BP sous échographie transrectale. De plus, le nombre de « carottes » suffisant serait inférieur. Or chaque « carotte » supplémentaire augmente le temps et le coût de la manœuvre, ainsi que le risque infectieux. Les auteurs italo-allemands ont comparé les résultats d’une vs deux « carottes » dans les BP sous IRME.

Entre 2011 et 2016, ils ont étudié 418 patients chez lesquels on suspectait un cancer de la prostate (KP) en raison d’un taux de PSA (antigène spécifique de la prostate) > 4 ng/ml et d’un nodule au toucher rectal. Toutes les lésions repérées sur l’IRM ont été scorées par des radiologues experts et combinées avec les images obtenues en échographie transrectale ; ce sont à partir de ces images que 2 BP ont été pratiquées. Lorsque la BP révélait un KP, le score de Gleason était calculé et un chiffre ≥ (3+4 = 7) était considéré comme indiquant un KP cliniquement significatif (KPcs). Les caractéristiques anatomopathologiques des 2 BP ont été comparées.

A peine mieux avec deux carottes plutôt qu’une

Les 418 hommes se répartissaient ainsi : 153 n’avaient jamais eu de BP auparavant, 50 étaient sous surveillance active pour un KP jugé de bas grade, et 215 avaient eu des BP négatives mais leur PSA continuait d’augmenter.

Le volume médian de la prostate était de 47 cm3, et la taille médiane de l’image suspecte de 14 mm. Le couplage aves les BP transrectales a conduit à 4 à 6 BP par malade.

Au total, 191 KP ont été découverts, dont 170 grâce à la 1ère carotte et 21 (11 %) grâce à la seconde sans laquelle ils auraient été méconnus. Au total la 1ère a donc découvert 170 KP et la seconde 167 (dont 146 trouvés aux deux biopsies). Le taux de KPcs était de 32 % avec les 2 biopsies, mais la 2nde a mis en évidence, dans 10 % des cas, un score de Gleason plus élevé et dans 29 % un score de Gleason plus bas que la 1ère. De fait la concordance a été bonne dans 89 % des cas.

Si l’on ajoute que sur les 21 hommes chez lesquels la 2nde BP a découvert un KP méconnu par la 1ère, 9 avaient un score de Gleason à 6, on peut considérer qu’ils ne sont plus que 12 à avoir bénéficié de la deuxième biopsie. De plus, la 2nde BP a méconnu 71 (9 %) des KP dépistés par la 1ère. Quant au score radiologique, il est assez exact, puisque le KP n’a été retrouvé que chez 18 % des patients avec un score III, contre 55 % et 94 % des scores IV et V.

La 2ème « carotte » n’améliore donc qu’à la marge le taux de détection du cancer de la prostate.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Dimitroulis P et coll. : Multiparametric magnetic resonance imaging/ultrasound fusion prostate biopsy- Are 2 biopsy cores per magnetic resonance imaging lesion required ? J Urol., 2018; 200:1030-1034.

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Vos réactions (1)

  • Biopsies prostatiques bientôt obsolètes

    Le 13 mars 2019

    Et si on remplaçait les biopsies de prostate par des recherches dans le sperme des cellules tumorales.

    Mieux si on parvenait à distinguer celles qui ne métastasent pas de celles qui partent à l'aventure métastatique dès leur naissance.

    Dr Jean Doremieux

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