Comment éviter le naufrage des EHPAD ?

Paris, le vendredi 22 septembre 2017 – Le 13 septembre dernier, Monique Iborra, députée LREM de Haute-Garonne a remis son rapport sur les établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (EHPAD) à la commission des Affaires sociales. Monique Iborra avait été chargée de se pencher sur le sujet après la longue grève suivie au sein de l’EHPAD les Opalines (Jura).

En premier lieu, le document pointe « un encadrement plus technocratique qu’efficace et un foisonnement des normes qui pèsent aujourd’hui sur les établissements, sans cependant leur donner les moyens de l’évolution nécessaire pour répondre aux besoins des personnes accueillies ».

Soignants en EHPAD : une véritable maltraitance institutionnelle

Dans ces travaux qui reposent sur l’audition de 26 acteurs du secteur, les déplorables conditions de travail des soignants dans ces institutions sont mises en exergue.

Le taux d’absentéisme y est en moyenne de 10 %, quant à celui des accidents du travail, il serait deux fois plus élevé que la moyenne nationale et serait même supérieur à celui du secteur BTP !

« L’organisation du travail est en tension et peut être la source de dégradation importante des conditions d’exercice des métiers de soignants. Dans certains EHPAD, on parle de maltraitance institutionnelle » fustige ainsi le rapporteur.

Des établissements de santé…démédicalisés !

Il apparaît aussi que les EHPAD sont de plus en plus démédicalisés, et font face à une pénurie tant de médecins que d’infirmières.

Ainsi, le médecin coordonnateur, dont la présence est obligatoire dans les EHPAD, est de plus en plus difficile à recruter et à fidéliser. « un tiers des établissements en seraient dépourvus, ne respectant pas ainsi la réglementation en vigueur » souligne Monique Iborra.

D’autre part, il est fait état « dans toutes les catégories de soignants d’un déficit de la formation initiale en gérontologie » (la réforme du troisième cycle a entériné cette année la création du DES de gérontologie, ndlr). On note également l’absence d’infirmiers de nuit dans la grande majorité des établissements qui « est souvent la cause d’hospitalisations aux urgences, qui auraient pu être évitées dans un certain nombre de cas ». Au total, ce manque de personnel entraîne des recrutements de « faisant-fonction » aux qualifications insuffisantes.

Le texte pointe aussi les graves problèmes administratifs liés aux récentes et nébuleuses réformes de la tarification, qui ont, notamment, provoqué une augmentation du reste à charge pour les familles.

Que faire ?

Cette « mission flash », comme elle a été baptisée, propose de mieux reconnaitre le métier d’aide-soignant, d’imposer la présence d’un infirmier de nuit dans les EHPAD, de corriger les effets indésirables des derniers décrets concernant la tarification, de maintenir et d’augmenter le nombre de contrats aidés dans ces établissements, et enfin de publier en ligne les évaluations des EHPAD.

Certains ont pu néanmoins rester sur leur faim, tant les moyens pour parvenir à ces objectifs louables n’ont pas été abordés.

Levons-nous et demain ?

La députée estime enfin qu’au-delà des réponses à apporter dès maintenant, le parlement doit mettre en place une mission plus longue sur le sujet qui devra s’atteler à dénouer les problématiques suivantes : comment doivent évoluer les ressources humaines des EHPAD ? Quel modèle pour l’EHPAD du futur ? Et quelle place pour "l’EHPAD à domicile".

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Jet de l'éponge

    Le 19 octobre 2017

    En temps qu'ancien medco je ne peux que valider cette communication. Le rôle du medco vu comme un concurrent des MG (par ceux ci) n'est pas suffisamment défini et bien souvent celui ci jette l'éponge.

    Dr Pascal Pozzi

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