Commotion cérébrale dans le monde du rugby amateur : qui sait quoi ?

La conférence de consensus de Zurich définit la commotion cérébrale comme un traumatisme crânien direct ou indirect, suivi, après parfois un intervalle de quelques heures, d’un symptôme neurologique. Cet événement, fréquent en pratique sportive et notamment au rugby, peut avoir des conséquences invalidantes en cas de répétition. Plusieurs affaires médiatiques récentes ont d’ailleurs conduit à une prise de conscience du monde sportif et à la mise en place de campagnes d’information par les pouvoirs publics. En région Midi-Pyrénées notamment, un protocole expérimental de prise en charge a été mis en place auprès des rugbymen affiliés. Une équipe toulousaine a cherché à évaluer l’état des connaissances sur cette problématique, quelques mois après la mise en place de l’intervention.

L’étude a inclus, pour chaque club amateur de la région (niveau fédéral au niveau honneur), un encadrant (dirigeant, soigneur ou entraîneur) et un joueur, sélectionnés de manière aléatoire. Le questionnaire, réalisé par entretien téléphonique, reprenait 15 points évaluant les connaissances sur les aspects diagnostiques et sur la prise en charge de la commotion cérébrale.

Des carences dans la prise en charge immédiate

Au total, 163 sujets (37 joueurs et 126 encadrants) de 47 clubs ont répondu. Toutes les personnes interrogées associaient bien la perte de connaissance à une commotion cérébrale, néanmoins seulement 61 % étaient capables d’en citer 3 symptômes. Les questions sur la prise en charge immédiate révèlent que 50 % des sujets ne recherchaient pas un traumatisme du rachis cervical associé, alors que les mécanismes lésionnels sont similaires. Un pourcentage non négligeable (22 %) pensait tout de même que le joueur victime de commotion était apte à terminer la rencontre en cours. Pour autant, la grande majorité des personnes interrogées (89 %)  ne laissait pas le blessé seul dans les heures suivant l’accident, et le risque de récidive dans les jours suivants était acquis pour 95 % d’entre eux.

Cet état des lieux des connaissances du rugby amateur en Midi-Pyrénées montre donc que le diagnostic de commotion cérébrale est posé de façon adéquate par au moins l’un des acteurs présents sur le terrain (joueur ou encadrant). Cependant, des lacunes quant à la prise en charge immédiate pourraient être à l’origine de sur-accidents. Ainsi, d’après cette étude, les mesures d’éducation et d’information devraient préférentiellement cibler cet aspect.

Anne-Céline Rigaud

Référence
Brauge D. Évaluation des connaissances autour de la commotion cérébrale dans le rugby amateur du comité Midi-Pyrénées. Sci sports 2016 ; 31 : 297-302.

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