Compléments nutritionnels et cancer : ce que préfèrent les patients

L’efficacité de compléments nutritionnels oraux (CNO) et des aliments enrichis pour combattre la dénutrition des patients cancéreux dépend grandement de l’observance qui repose beaucoup sur l’acceptation du produit. Or beaucoup de symptômes peuvent avoir un impact sur la prise alimentaire comme les nausées et vomissements, les mucites et aussi les altérations de l’odorat et du goût. Ces dernières ont cependant été peu étudiées. C’est pourquoi BE Enriquez-Fernández se sont attelés à effectuer une revue systématique de la littérature concernant les préférences sensorielles des patients cancéreux en matières de CNO et d’aliments enrichis ainsi que sur les méthodes d’évaluation utilisées. Ils ont ainsi pu soutirer des informations provenant de 19 études.

Le plus souvent, les produits utilisés étaient des CNO ou divers liquides (à base de lait, de jus,…), mais d’autres préparations pouvaient être utilisées, par exemple « faites maison » ou à l’hôpital. Les études étaient de 3 types différents :

  1. celles ayant comparé les préférences sensorielles de patients cancéreux à celles de témoins sains (n=9) ;
  2. celles ayant étudié l’évolution des préférences sensorielles de malades cancéreux au cours du temps (n=6) et
  3. les études ayant recherché la présence d’altérations de l’odorat et du goût et leur influence sur les préférences sensorielles (n=5).

Une grande hétérogénéité

Les premières ont globalement confirmé que l’appétence pour les CNO et autres suppléments était différente de celle de sujets sain. Il est apparu aussi qu’il était important de choisir un groupe témoin apparié sur différentes caractéristiques connues pour influencer les préférences sensorielles, comme l’âge et le sexe. Le deuxième groupe d’études n’a pas mis en évidence de modifications des préférences au cours du temps alors que plusieurs travaux ont précédemment montré que les préférences en termes de goût ont tendance à s’altérer à la longue. Peut-être est-ce dû au fait que la plupart des études de la revue n’ont évalué les effets que d’une seule gorgée. Enfin, la mesure des troubles de l’odorat et du goût a été faite de façon objective ou subjective. Dans une de ces études, 40 % des malades ont rapporté des altérations sensorielles après l’éclosion de leur cancer. Le reste des résultats est malheureusement assez hétérogène, un travail mentionnant, par exemple, une plus grande sensibilité au goût amer, un autre, la plus grande sensibilité des femmes aux troubles sensoriels. Et, globalement, seuls les travaux consacrés aux aliments suggèrent une préférence pour les produits frais à base de lait.

Au total, les auteurs soulignent la grande hétérogénéité des tests utilisés et la nécessité d’une standardisation des méthodes d’évaluation. De plus, des éléments importants comme la taille des portions, la température de la préparation, le nombre de produits évalués par session n’étaient pas toujours rapportés. De même, certains essais confondaient préférence et appréciation, la seconde notion ne nécessitant pas de comparateur, et beaucoup n’ont pas pris en compte des facteurs de confusion comme le tabagisme.

Il reste donc encore la place pour de nombreux travaux dans ce domaine.

Dr Louise Guisgand

Référence
Enriquez-Fernández BE et coll. : Sensorypreferences of supplemented food productsamong cancer patients : a systematicreview. Support Care Cancer 2919 ; 27 : 333-349.

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Vos réactions (1)

  • Compléments nutritionnel et cancer

    Le 18 février 2020

    Pour des effets précis, des habitudes existent et fonctionnent trés bien : avec des chimiothérapies, trés Hépato-toxiques, la prise quotidienne de "Chardon-Marie" est trés efficace (plus souvent utilisé aux E.U. qu'en France).
    Après radiothérapie Cervico - Bucco - Faciale avec son cortège de mucite et peau épaisse, raide, cartonnée : Le Dr A. Girod - chirurgienne Maxillo - Faciale au C.H. Pitié - Salpêtrière, a mis en application mes méthodes de mésothérapie avec d'excellent résultats, elle va devoir augmenter ses créneaux de soins par Mésothérapie Cervico-Faciale devant la demande de plus en plus importante des Patients souffrant le calvaire après radiothérapie.

    Dr Bertrand de Pihouée

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