Connaissez-vous une échappatoire face à la dépression ?

Paris, le samedi 23 février 2019 – Le mot est connu de tous. Mais les représentations qui lui sont associées sont très hétérogènes. La dépression apparaît tout à la fois comme une pathologie bien connue, mais très mal identifiée. Beaucoup nourrissent encore des idées préconçues délétères sur ce trouble très fréquent.

Escape game

Sensibiliser est donc le maître mot, sensibiliser afin d’une part de faciliter le repérage et les soins et d’autre part d’éviter la discrimination qui favorise les retards de prise en charge et les complications parfois dramatiques. Parallèlement aux campagnes classique d’information, le docteur David Labrosse, médecin spécialisé en santé publique a conçu dans le cadre de sa thèse un outil ludique et relativement inédit : un escape game dédié à la dépression. Les escape games sont devenus ces dernières années des espaces de jeux très recherchés par les adolescents et les jeunes adultes. Ces énigmes qui se déroulent dans un univers reconstitué, dont la résolution est nécessaire pour finir la partie (d’où leur nom) permettent un travail d’équipe et offrent souvent de beaux moments de cohésion (et donnent lieu à quelques disputes !). Le succès des escape games est tel que de nombreux dispositifs pédagogiques ont été mis en place sur ce modèle.

Créer les conditions de la vigilance

Ainsi, le docteur Labrosse a imaginé un escape game qui se déroule dans la chambre d’un étudiant. L’objectif pour les participants est de retrouver des indices de la dépression de Thomas afin de pouvoir l’aider et ainsi terminer la partie. Ces indices sont des petites cartes dissimulées dans la pièce qui portent les inscriptions : « hypersomnie ou insomnie » ; « perte ou prise de poids de plus de 5 % », « sentiment de dévalorisation », « idées de mort », « perte de plaisir depuis plus de quinze jours ». Imaginé dans le cadre de sa thèse, l’escape game a été proposé à l’Université de Bordeaux où il a conquis près de 400 étudiants en un an et demi selon des chiffres donnés par Le Monde cette semaine. Le jeu doit permettre de donner aux étudiants des clés pour mieux repérer des symptômes annonciateurs chez eux et leurs camarades, alors que la période des études est particulièrement à risque. « Le discours étant simple, ils peuvent se l’approprier et le restituer sous forme de message bienveillant avec leurs propres mots »,  remarque le praticien cité par Le Monde. L’expérience serait concluante : contactés un mois après leur participation, la grande majorité des joueurs sont capables de citer au moins trois signes inquiétants sur cinq.

Léa Crébat

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