Convulsions fébriles : peu de conséquences sur les fonctions cognitives à l’âge adulte

Des convulsions fébriles (CF) surviennent chez 2 % à 4 % des enfants de moins de 5 ans. Elles sont habituellement considérées sans conséquences à long terme. Cependant, des études de neuro-imagerie ont montré que les formes prolongées peuvent être associées à une atteinte de l’hippocampe qui peut évoluer vers une atrophie pouvant compromettre la mémoire dans ses fonctions cognitives. Les études chez des enfants de 7 à 10 ans sont rassurantes mais aucune donnée n’existe chez les jeunes adultes.

Dans le but d’éclaircir ce point, des auteurs danois ont examiné des conscrits âgés de 18 à 20 ans entre 1997 et 2003. Parmi eux, ceux ayant des handicaps ou des maladies majeures ont été exemptés du « service militaire obligatoire » mais leur état a fait l’objet d’un rapport médical. Les autres ont été soumis à des tests portant sur les lettres, les analogies verbales, les séries de nombre et les figures géométriques. Le statut cognitif a ainsi été mesuré à l’aide du score de Boerge Prien (SBP) qui porte sur 78 items et est bien corrélé avec le test de Wechsler. Les antécédents de convulsions fébriles ont été recueillis à partir des données hospitalières rétrospectives, les recommandations entre 1977 et 1983 étant d’hospitaliser les enfants qui avaient une première CF. Les cas sélectionnés étaient ceux qui avaient présenté, entre 3 mois et 5 ans, des convulsions généralisées ou focales, durant plus de 15 mn ou récidivantes en moins de 24 h, à l’exclusion des épilepsies. Les co-variables portant sur les conditions de la naissance ont également été notées.

Parmi les 21 051 hommes enregistrés, 463 ont été exclus en raison d’une épilepsie. Sur l’effectif restant, on comptait 585 (2,8 %) cas de convulsions fébriles. Après avoir écarté 11 % de cet effectif, exempté de service en raison d’une pathologie sévère, l’analyse a retenu 18 276 conscrits dont 507 (2,8 %) avaient eu une CF. Le score de fonction cognitive (SBP) médian était de 43 en cas d’antécédent de CF contre 44 en son absence, légèrement inférieur lorsque la CF était survenue après 2 ans. La prévalence de scores dans le quartile inférieur était peu différente dans le groupe avec CF (27,6 % vs 25,3 %). La stratification selon les conditions de naissance ne modifiait pas la petite différence entre les 2 groupes. Le rapport de prévalence ajustée d’avoir un SBP dans le quartile inférieur était de 1,08 en cas de CF. Ce rapport était de 1,38 lorsque la CF s’était produite entre 3 mois et 1 an, 0,98 entre 1 et 2 ans et 1,14 après 2 ans.

En conclusion, cette évaluation de plus de 500 conscrits souligne l’absence de preuve d’une association entre des antécédents de CF et des fonctions cognitives basses ultérieurement, sauf peut-être lorsque les CF surviennent  avant 1 an.  

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Nørgaard M et coll . : Febrile seizures and cognitive function in young adult life: a prevalence study in Danish conscripts J Pediatr 2009 ;155 :404-9

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