Courir le marathon pour…rajeunir

Telle est la conclusion de l’étude de Bhuva et coll. qui a porté sur 138 sujets (âge : 21 à 69 ans ; hommes : 49 %) qui participaient, pour la première fois, à un marathon.

L’état cardiovasculaire a été évalué avant le début de l’entraînement et deux semaines après la compétition ; l’évaluation comprenait : la mesure de la pression artérielle centrale (à savoir la pression artérielle aortique) et de la rigidité artérielle (appréciée par la mesure de la distensibilité vasculaire en imagerie de résonance magnétique).

L’ ‘’âge aortique’’ biologique a été calculé à partir de la relation qui existait, à l’état basal, entre l’âge du sujet et la rigidité artérielle.

Les modifications moyennes de la rigidité artérielle ont été mesurées en différents points du trajet de l’aorte, à savoir : aorte ascendante, aorte descendante, bifurcation de l’artère pulmonaire (Ao-P) et au niveau du diaphragme.

Le programme d’entraînement consistait à courir, avant le marathon, 6 à 13 miles/semaine.

A l’état basal, un vieillissement d’une dizaine d’années s’accompagnait d’une diminution significative de la distensibilité aortique au niveau de l’aorte ascendante, de la bifurcation de l’artère pulmonaire et du diaphragme (de respectivement, 2,3, 1,9, et 3,1 × 10−3 mm Hg−1 ; tous p < 0,05).

L’entraînement physique a diminué les pressions centrales (aortiques) systolique (-4 mm Hg ; intervalle de confiance [IC] 95 % : -2,8 à -5,5 mm Hg) et diastolique (-3 mm Hg ; IC 95 % : -1,6 à -3,5 mm Hg).

Recul de l’âge de l’aorte

La distensibilité de l’aorte descendante a augmenté de 9 % au niveau de la bifurcation de l’artère pulmonaire (p = 0,009) et de 16 % au niveau du diaphragme (p = 0,002) ; elle ne s’est pas modifiée au niveau de l’aorte ascendante.

Ces modifications de l’aorte témoignaient d’une diminution moyenne de ‘’l’âge aortique’’de 3,9 ans (IC 95 % : 1,1 à 7,6 ans) au niveau de la bifurcation de l’artère pulmonaire et de 4,0 ans (IC 95 % : 1,7 à 8,0 ans) au niveau du diaphragme.

L’effet bénéfique de l’entraînement a été plus important chez les sujets plus âgés, chez les hommes, et chez ceux qui avaient adopté un rythme de course plus lent (tous p < 0,05).

En conclusion, s’entraîner avant de faire un marathon puis courir ce marathon, même à une cadence modérée, diminue la pression aortique centrale et la rigidité aortique, d’un équivalent à une réduction d’environ 4 ans de l’âge vasculaire. Le rajeunissement apparaît plus important chez les hommes, plus âgés qui courent plus lentement.

Dr Robert Haïat

Référence
Bhuva AN et coll. : Training for a First-Time Marathon Reverses Age-RelatedAorticStiffening. J Am CollCardiol 2020 ; 75 : 60-71.

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