CPTS : l’autre marché de dupes

Paris, le jeudi 10 janvier 2018 – Alors qu’il ne fait désormais plus guère de doute que les négociations conventionnelles qui doivent s’ouvrir sur les assistants médicaux seront particulièrement encadrées, offrant peu de place à la discussion, les dernières déclarations d’Agnès Buzyn laissent penser que cette rigidité concernera également les CPTS.

Vers un malus en trompe l’œil ou une absence de sanctions en trompe l’œil ?

Ainsi, le ministre de la santé a fait valoir que si les professionnels de santé libéraux ne trouvent pas un accord d'ici fin avril pour se regrouper au sein de « communautés territoriales », et mettre ainsi fin à « l’exercice isolé », le gouvernement se réservait la possibilité de faire passer, malgré tout, cette mesure dans la loi. Agnès Buzyn a néanmoins fait valoir qu’elle n’avait « pas beaucoup d'inquiétudes sur le fait qu'on aboutisse à un accord ».

Elle s’est également engagée à ce que ce dispositif n’entraine « jamais de sanction » contre les professionnels récalcitrants, bien que, selon elle « l'incitation peut être telle » que les médecins qui ne participeront pas à une CPTS et « qui resteront en exercice isolé se sentiront un peu pénalisés par rapport aux autres ».

Des déclarations qui ne correspondent pas avec ce que l’on sait, pour l’heure, des intentions du gouvernement. Ainsi selon le quotidien Les Échos : « le gouvernement a prévu de moduler la rémunération des professionnels de santé afin de les inciter à abandonner l'exercice isolé. A ce stade, l'objectif de l'assurance-maladie est de créer un bonus, mais aussi un malus, ce qui risque de soulever une tempête chez les praticiens libéraux ».

« Ces gens sont fous » !

Rappelons que les négociations entre les syndicats des différentes professions concernées et l'Assurance maladie débuteront la semaine prochaine et que doit être discuté le financement de ces structures et les services attendus en contrepartie.

L’objectif serait d'assurer l'accès de tous à un médecin traitant pour des consultations non programmées, mais aussi de favoriser les relations ville-hôpital et de faire de la prévention selon un document interne de l'assurance-maladie.

L’UFML-S (Branche syndicale de l’Union Française pour une Médecine Libre) qui jouit d’une liberté de ton incomparable par rapport aux autres puisqu’elle ne participe pas aux négociations, résume : « ces gens sont fous ! ».

Frédéric Haroche

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