CRISPR-Cas 9 : le président du Comité d’éthique favorable à un moratoire

Paris, le mardi 21 juin 2016 - En quatre ans, la technique de manipulation génétique CRISPR-Cas9 s’est diffusée dans le monde entier non sans poser de complexes questions éthiques. 

En décembre 2015 à Washington, les Académies des sciences des États-Unis, du Royaume-Uni et de Chine organisaient une rencontre internationale sur ce sujet. Les pays de ces trois instances n’ont cependant pas signé la Convention d’Oviedo (contrairement à la France), qui interdit de créer un embryon humain à des fins de recherche et d’intervenir sur le génome pour modifier la descendance humaine.

Dans le numéro de mai-juin de la revue Sciences et santé éditée par l’INSERM, Jean Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d’éthique (dont l’avis sur la question se fait attendre), a exposé son point de vue : «  Si la thérapie génique vise les cellules somatiques, le problème principal est le manque de spécificité lié aux effets « hors cible » : l’ARN peut, en effet, s’apparier avec une séquence d’ADN imprévue. La thérapie génique germinale pose des problèmes d’une tout autre nature, qui ont donné lieu à des réflexions internationales et à la Convention d’Oviedo. Le Royaume-Uni autorise déjà une forme de thérapie germinale, par transfert de mitochondries : l’ADN des mitochondries de l’enfant est alors celui de la donneuse. Mais avec CRISPR-Cas9, la problématique est celle d’une thérapie germinale qui cible des gènes spécifiques. Un moratoire sur ce type de traitement me semble nécessaire, au moins par sécurité. La recherche doit, elle, être encouragée. Une troisième application de CRISPRCas9 concerne le vivant non humain. L’absence de traçabilité et le gene-drive (la diffusion forcée d’une modification génétique dans l’ensemble de la descendance) posent des problèmes majeurs en termes de sécurité et d’écologie, et une régulation internationale sera d’autant plus difficile à établir que la technique est peu coûteuse et facile à réaliser ».

FH

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article