Dans et non contre

Beyrouth, le samedi 22 avril 2017 - L'Ordre des médecins de Tunisie a récemment adopté une position remarquée et saluée contre la participation des praticiens à la réalisions de "tests anaux", parfois imposés par la justice, et censés établir la preuve de l'homosexualité. Ceux que l'on appelle "les tests de la honte" ne sont cependant pas pratiqués que dans la seule Tunisie : des pays du Moyen Orient font encore régulièrement peser la menace de cette méthode humiliante. C'est par exemple le cas du Liban.

Interprétation littérale

Les relations qualifiées de "contre nature" sont en effet interdites par l’article 534 du code civil Libanais. Cette disposition est encore régulièrement invoquée pour justifier la poursuite d'hommes (et plus rarement des femmes) dont les amours sont homosexuelles. Néanmoins, le Liban est avec la Tunisie le pays du monde arabe qui connaît la plus grande ouverture et libéralisation des mœurs. Cette évolution s'observe notamment dans la multiplication des décisions de justice prônant une interprétation littérale de l'article 534 et qui donc soulignent que présente dans la nature, l'homosexualité ne peut donc être considérée comme "contre nature".

Eviter le retard de prise en charge et le repli sur soi

Par ailleurs, la mobilisation de plusieurs associations contribue à une levée des tabous. Parmi elles, la Lebanese Medical Association for SexualHealth (LebMASH) a été fondée en 2014 par des médecins, des psychiatres et des psychologues libanais vivant au Liban, aux Etats-Unis et au Canada. Cette organisation œuvre tant auprès des professionnels de santé que du grand public pour faire évoluer les regards sur la sexualité, qu’il s’agisse des amours hors mariage ou des relations homosexuelles. Elle a notamment mené plusieurs campagnes destinées à faire reculer les pratiques tendant à imposer des thérapies de "conversion" aux jeunes homosexuels. Dernier en date, un programme de sensibilisation a été lancé il y a quelques semaines qui insiste sur les conséquences médicales délétères des discriminations qui pèsent sur les homosexuels.

L’opération repose sur trois vidéos, mettant en scène un médecin, une mère et les sœurs de patients homosexuels qui évoquent les risques associés au retard de prise en charge, au repli sur soi et à l’autodestruction. Cette action de sensibilisation « est particulièrement nécessaire au Liban. Aidez-nous à avancer en tant que pays tourné vers l’acceptation, pour une vie dans une société saine et prospère » exhortent les responsables de l’association. De son côté, celle qui joue la « mère de Samer » dans une des vidéos et qui rappelle l’importance du soutien familial explique : « Beaucoup de personnes ont peur, fuient les stigmates. Ils ont peur aussi d’aller chez le médecin et repoussent le diagnostic et le traitement ».

Aurélie Haroche

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