Dans un rapport fumant, l’OMS juge la cigarette électronique « incontestablement nocive »

Rio de Janeiro, le lundi 29 juillet 2019 - Dans son dernier rapport sur la lutte contre le tabagisme dans le monde, présenté ce vendredi à Rio de Janeiro, l’OMS pointe du doigt les dangers de la cigarette électronique, présenté, à tort selon l’organisation, comme une méthode efficace pour arrêter de fumer.

Pour la plupart des fumeurs, il est probable que quelqu’un dans leur entourage ai conseillé de se mettre à la cigarette électronique, pour pouvoir arrêter de fumer « en douceur ». Mais selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le "vapotage" n’est pas un moyen fiable d’arrêter le tabac. Dans son dernier rapport sur la lutte contre le tabagisme présenté ce vendredi à Rio de Janeiro, l’organisation liée à l’ONU pointe du doigt les méfaits de la e-cigarette, un produit de plus en plus populaire, notamment chez les jeunes occidentaux, depuis son apparition sur le marché au milieu des années 2000.

Selon l’OMS, aucune étude n’a prouvé que la cigarette électronique pouvait aider le consommateur à arrêter le tabac. « Dans la plupart des pays où elles sont disponibles, les utilisateurs d’e-cigarettes continuent en général de fumer des cigarettes combustibles en même temps, ce qui présente très peu, voir aucun impact positif » souligne le rapport. Pire encore, l’OMS considère que le "vapotage" pourrait inciter les individus à consommer du tabac, notamment les jeunes, même si sur ce point, les études divergent.

De manière plus globale, l’OMS considère que la e-cigarette est mauvaise pour la santé. Bien que l’OMS reconnaisse que la cigarette électronique expose son utilisateur à moins de substances toxiques qu’une cigarette classique et que « le niveau de risque associé aux SEAN (système électronique d’administration de nicotine) n’a pas été mesuré de manière concluante », elle conclue que le vapotage est « incontestablement nocif ». Ces dernières années, plusieurs études ont en effet souligné le fait que la consommation de cigarette électronique augmentait le risque de survenue de maladie cardiovasculaire et pulmonaire.

La diatribe de l’OMS contre la cigarette électronique s’inscrit dans un rapport plus global sur la lutte contre le tabagisme dans le monde. Pour faire diminuer la consommation de tabac, l’organisation recommande aux pays une série d’actions, regroupés dans le programme MPOWER, consistant notamment à mener des campagnes de prévention et à augmenter les prix du tabac. Le rapport insiste tout particulièrement sur la création de services d’aide au sevrage tabagique. Si la consommation de tabac a globalement diminué dans le monde, on estime qu’il existe encore 1,1 milliard de fumeurs dans le monde, dont 80 % dans des pays pauvres.

Cette condamnation de la e-cigarette par l'OMS fera sans nul doute tousser ses fabricants et plus d'un tabacologue puisque de nombreuses autorités sanitaires se sont prononcées en faveur de l'utilisation contrôlée et limitée de ce type de dispositif pour réduire le tabagisme et limiter ses méfaits.     

Quentin Haroche

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Vos réactions (1)

  • La directrice de l'OMS type de business as usual

    Le 30 juillet 2019

    Sur la cigarette électronique, l'OMS envers et contre tous ? Pourquoi ?

    L'OMS est-elle à sa place en luttant ainsi contre la cigarette électronique ?

    L'OMS, dont la directrice générale, est Margaret Chan, reste en effet la plus farouche opposante à l'E-cigarette. Est-ce croyable ? Qui est-elle donc à cette place aussi importante pour parler avec cette force?

    Chan, médecin chinois, a déjà commis de lourdes gaffes lors de l'épidémie de grippe aviaire de Hong-Kong de 1997.

    Lorsque beaucoup d'autres cas d'infection par le H5N1 sont apparus, elle a été critiquée pour avoir rassuré et induit le public en erreur au départ de cette épidémie.

    Elle est devenue, à cette occasion, « un symbole de l'ignorance et de l'arrogance du" business as usual "ancrée dans les pratiques idéologiques et institutionnelles au sein de la bureaucratie chinoise.

    Ses choix à l'OMS ne sont donc pas toujours les meilleurs.

    Un exemple ? En mars 2015, cette dernière a ainsi déclaré lors de la conférence mondiale sur le tabac et la santé à Abu Dabi que « tous les gouvernements devaient interdire les e-cigarettes ou tout appareil de libération électronique de nicotine ». Bref tout le contraire de ce que pensent la plupart des médecins.

    Les lobbys du tabac font là une bonne recrue. Un exemple ? Fondé en 1948 sous l'égide de l'ONU, l'OMS n'a consacré qu'une seule page à la cigarette électronique dans son rapport de 200 pages sur le tabac, paru en 2015.

    Pourquoi si peu de pages sur la cigarette électronique alors que c'était la véritable actualité ?

    Si les effets positifs des produits du tabac sans combustion ne sont évoqués à aucun endroit de ce rapport, l'OMS recommande, en revanche, à leur égard une réglementation ‒ voire une interdiction ‒ au même titre que les cigarettes traditionnelles.

    Oubliez tout du libre partage des idées : l'ONU et l'OMS croient que ses « valeurs » sont menacées et qu'il faut faire taire ceux qui les critiquent.

    Commercialisée en Europe depuis 2006, la cigarette électronique a pourtant fait l'objet de multiples tests pour répondre au scepticisme sur son éventuelle nocivité.

    Aujourd'hui, avec près de 10 années de recul sur le phénomène, l'opinion scientifique est unanime sur la question : l'e-cigarette, comme les autres produits du tabac sans combustion, présente considérablement moins d'effets négatifs sur le long terme que la cigarette traditionnelle.

    Ces derniers « n'excèdent vraisemblablement pas 5 % de ceux provoqués par la fumée du tabac », ont conclu les experts du Collège royal des physiciens (RCP) de Londres dans leur rapport intitulé « La nicotine sans la fumée : réduction des méfaits du tabac », publié en avril 2016.

    Déjà en août 2015, l'établissement de santé publique d'Angleterre (Public Health England) avait constaté un avantage dans les mêmes proportions, statuant que les cigarettes électroniques étaient 95 % moins nocives que le tabac.

    Devons-nous pour autant protester contre une taxe sur le tabac à rouler ? Le dilemme est devant nous.

    Dr JD

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