Dépistage dans les familles à risque : moins de cancers de la prostate insignifiants

Les cancers de la prostate médicalement insignifiants correspondent à des lésions histologiquement avérées, associées au vieillissement mais qui ne présentent pas de risque évolutif mortel. Ils sont habituellement définis par un volume inférieur à 0,5 ml, un  faible score de Gleason (<6) et représentent au moins 40 % des cancers découverts dans les études de dépistage de masse, ce qui pose le problème du surtraitement de ces cancers, et a contrario du sous-traitement de cancers considérés à tort comme latents.

Pour évaluer la proportion des cancers insignifiants dans les familles à risque, un dosage annuel du PSA a été réalisé à partir de 1998 et pendant 8 ans chez des parents au premier degré de 660 patients cancéreux. Les biopsies ont été effectuées pour un PSA supérieur à 4 ng/mL au cours des 4 premières années, puis pour un PSA supérieur à 2,5 ng/mL.

Au total 71 cancers de la prostate ont été dépistés, soit 2,6 % chez des sujets entre 40 et 49 ans et 19,7 % chez des sujets entre 50 et 70 ans. Seuls 60 d’entre eux étaient évaluables selon les paramètres de l’étude, dont 16 répondaient à une partie des critères d’éligibilité à une  surveillance active actuellement utilisés dans l’essai prospectif français SurACaP (taux de  PSA inférieur à 10 ng/mL, stade T1c ou T2a, score de Gleason inférieur à 7, moins de 3 biopsies positives et tumeur inférieure à 3 mm sur toutes les biopsies positives).

Dans cette étude sur les parents au 1er degré de patients cancéreux, seulement 4,9 % des sujets analysables présentaient un cancer de la prostate cliniquement insignifiant. De plus sur les 7 sujets qui remplissaient l’intégralité des critères du protocole SurACaP (critères ci-dessus et prélèvements de plus de 10 carottes biopsiques) pour une surveillance active, au moins 42% présentaient en fait un cancer de la prostate médicalement significatif à l’analyse pathologique. Enfin aucun des cancers retrouvés chez les moins de 50 ans n’était de type latent.

Dans les familles à risque la fréquence des cancers de la prostate insignifiants apparaît plus faible qu’en population générale.

Dr Odile Biechler

Référence
Papin G et coll. Etude française sur le dépistage du cancer de la prostate dans les familles à risque. 103ème congrès français d’urologie - Paris - 18 au 21 novembre 2009

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