Dépistage de Chlamydia Trachomatis : presque systématique pour certains

Chlamydia Trachomatis est responsable de la majorité des maladies sexuellement transmissibles curables dans le monde. Il semblerait qu’environ 5-10 % des femmes sexuellement actives de moins de 25 ans et des hommes de 20-24 ans en soient atteints, avec un coût important en termes de santé. Chlamydia peut en effet être tenue responsable d’un grand nombre d’infections pelviennes, de stérilités tubaires ou de grossesses extra-utérines, sans négliger les douleurs pelviennes chroniques.

En France, le dépistage systématique n’a pas été validé par les autorités de santé, mais dans certains pays, comme au Royaume Uni, il est recommandé de procéder à un dépistage de Chlamydia avant tout acte invasif endo-utérin ou une pose de stérilet, chez une femme de moins de 40 ans.
Une enquête rétrospective a été menée au Royaume-Uni pour évaluer l’efficacité et l’application de ces recommandations par les praticiens d’une unité de gynécologie Les médecins pratiquant une IVG, un prélèvement de l’endomètre ou une hystéroscopie , ou intervenant sur une rétention de produit de conception ou pour la pose d’un dispositif intra-utérin, étaient tenus selon les recommandations de pratiquer une recherche de Chlamydia et de prescrire à leur patiente une antibiothérapie préventive.

Cette étude a été réalisée chez 120 patientes (dont 27 % avaient moins de 25 ans et 58 % plus de 30 ans).
Les auteurs constatent que 38 % des patientes n’ont pas été testées et que la réalisation du test dépend largement de l’examen pratiqué. Ainsi, 95 % de celles devant subir une interruption de grossesse ont été dépistées et traitées préventivement, alors que seulement la moitié de celles à qui l’on posait un stérilet, et un quart de celles subissant un prélèvement d’endomètre ou une hystéroscopie, l’ont été. Il est vrai que l’âge des patientes peut être différent selon les interventions réalisées, les femmes subissant une hystéroscopie étant souvent plus âgées, dépassant les 40 ans.

Les auteurs de l’étude estiment que les failles dans l’application des recommandations sont liées à un manque d’information et à un manque de clarté des recommandations.

En France, la question ne se pose pas, puisque le dépistage, bien que souvent pratiqué, n’est pas recommandé de manière systématique dans ces situations. La préférence a été donnée par la Haute Autorité de Santé à un dépistage ciblé et proposé à la patiente après évaluation de ses facteurs de risque.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Kahn A et Dalton M : Chlamydia screening in gynaecology. XIX FIGO World Congress of Gynecology and Obstetrics (Cape Town, South Africa) : 4 – 9 octobre 2009.

Copyright © Len medical

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article