Dépistage de la maladie de Huntington : il faut un soutien psychologique même lorsque le résultat est négatif

Le dépistage de la maladie de Huntington est possible dans les familles à risque depuis l’identification de la mutation dominante en cause, il y a maintenant 15 ans. Cependant il n’est pas demandé par tous les sujets à risque dans la mesure où, lorsqu’il est positif, il ne permet pas pour l’instant d’intervention thérapeutique efficace, le développement de la maladie demeurant inéluctable chez les sujets porteurs de la mutation. 

Une étude conduite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris montre que les conséquences du dépistage sont encore plus complexes qu’on pouvait le penser. Un peu plus de trois ans et demi (3,7 ans) en moyenne après la recherche de la mutation, 119 sujets asymptomatiques ont été soumis à un interrogatoire structuré permettant de détecter des manifestations psychopathologiques. Sur les 57 porteurs de la mutation, 58 % avaient des signes de dépression, ce qui était attendu. Mais de façon plus surprenante 27 % des sujets dont le test était négatif n’avaient pas bien réagi à ce résultat favorable et 24 % avaient développé une dépression depuis.

En analyse multivariée, le seul élément prédictif d’une dépression après le test, chez les porteurs comme chez les sujets indemnes, était l’existence d’antécédents de dépression.

Ainsi, un soutien psychologique est indispensable pour tous les sujets bénéficiant d’un dépistage, même si celui-ci est négatif et ce d’autant plus qu’on retrouve à l’interrogatoire des antécédents dépressifs.

Dr Nicolas Chabert

Référence
Gargiulo M et coll. : Long-term outcome of presymptomatic testing in Huntington disease. Eur J Hum Genet 2008 ; 20 août 2008.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article