Dépistage du cancer du col de l’utérus : c’est parti

Paris, le mardi 15 mai 2018 – Partout en France, les femmes de 25 à 65 ans qui n’ont pas réalisé de frottis cervico-utérin (FCU) au cours des trois dernières années vont dans les semaines qui viennent recevoir une invitation à réaliser cet examen auprès du médecin ou de la sage-femme de leur choix. Cette recommandation rappellera que ce dépistage est pris en charge intégralement par la Sécurité sociale.

Selon des chiffres publiés par l’INCA, seules 52 % des femmes réalisent un frottis triennal. Cette faible observance favorise les retards de diagnostic. Ainsi, si la prévalence du cancer du col de l’utérus (CCU) recule (probablement en partie en raison de l’utilisation de la pilule contraceptive), le taux de survie à cinq ans après le diagnostic régresse (à la différence de la plupart des autres cancers) atteignant 62 % en 2005-2010 contre 68 % en 1989-1993.

Une stratégie efficace

En mettant en place un dépistage organisé, les pouvoirs publics espèrent obtenir un taux de participation de 80 %. Un tel résultat permettrait selon différentes projections d’éviter 90 % des cancers du col de l’utérus. Une relance régulière des femmes n’ayant pas réalisé de FCU apparaît une stratégie efficace selon les expériences étrangères (14 pays européens ont mis en place un dispositif proche) et les expérimentations locales conduites en France qui montrent une augmentation du recours au FCU. Des résultats significatifs semblent également pouvoir être espérés quant à l’incidence et la mortalité. « Le déploiement d’un PNDO (programme national de dépistage organisée) CCU constitue une amélioration de la situation actuelle caractérisée par l’existence d’un dépistage spontané du CCU en termes de cancers évités, survie et survie ajustée par la qualité de vie (QALY) des femmes. L’évaluation montre qu’il permettra d’atteindre l’objectif fixé par le Plan cancer 2014-2019 de réduction de l’incidence et de la mortalité de 30 % à 10 ans » avait conclu l’INCA dans un rapport consacré à l’évaluation d’un programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus.

Un dépistage à soigner

Saluée par la plupart des spécialistes du cancer du col de l’utérus, la mise en place de ce dépistage n’appelle pas moins une certaine vigilance. D’abord, il sera nécessaire de veiller à prévenir des écarts potentiellement contre-productifs, tels les FCU trop précoces ou trop rapprochés. Par ailleurs, afin d’éviter une situation comparable au dépistage du cancer du côlon, les pouvoirs publics devront anticiper rapidement le passage éventuel vers le test HPV. La plupart des analyses ont en effet mis en évidence une supériorité du test HPV d’un point de vue économique et une efficacité comparable, voire supérieure, quand le test est réalisé tous les cinq ans. Néanmoins, des évaluations complémentaires sont encore nécessaires avant d’envisager qu’il ne devienne un outil central du dépistage. Parmi les autres éléments à considérer, le gouvernement pourrait se pencher sur la pertinence du recours aux kits d’autodépistage, dont certaines études ont démontré l’utilité chez les femmes ne répondant pas à une première invitation.

Aurélie Haroche

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