Dépistage du mélanome : et si nous avions tout faux ?

Campagnes de prévention, de dépistage, éducation des patients à la règle ABCD, surveillance des naevus dans les groupes à risque sont actuellement les mesures mises en œuvre pour aboutir à un diagnostic des mélanomes malins (MM) à un stade précoce.

Et certes, reconnaît Jean-Jacques Grob, nous détectons des MM in situ et peu épais. Mais il n’en reste pas moins que toute cette stratégie est un échec car le taux de MM épais de mauvais pronostic reste stable et la mortalité liée à ce cancer augmente.

Plusieurs explications peuvent être avancées pour expliquer ce fait.

Tout d’abord, pour des raisons socio-culturelles un groupe de la population échappe aux campagnes de dépistage : ce sont les hommes de plus de 50 ans.

Par ailleurs le recours à la règle ABCD pour éduquer les patients n’est pas très efficace. Une approche cognitive globale est plus adaptée et il est préférable de leur montrer des brochures présentant des lésions malignes et bénignes.

Mais le signe le plus important est celui du « vilain petit canard », c'est-à-dire qu’il faut repérer le naevus qui ne ressemble pas aux autres et qui est très souvent un MM.

Il faut se rappeler qu’un tiers des mélanomes est détecté par les dermatologues mais que les deux autres tiers le sont par le patient ou son entourage. C’est dire l’importance de l’éducation.

Seulement 10 % des MM sont détectés chez des patients appartenant à des groupes à risque alors qu’un tiers des MM se développe chez des patients qui n’avaient aucun antécédent et aucune lésion préexistante.

Les mélanomes agressifs, d’évolution rapide échappent à la règle ABCD et se présentent souvent sous la forme de nodule. Cela veut dire que les patients à risque doivent être examinés tous les 6 mois et non pas tous les deux ans.

Les campagnes d’information doivent insister sur le fait que toute nouvelle lésion « suspecte » réclame une consultation en urgence.
Les patients qui risque le plus de mourir d’un MM, ne sont pas forcément ceux qui étaient considérés comme à risque de MM et qui font l’objet d’une surveillance

En un mot il faut promouvoir l’auto-examen pour tous.

Dr Wafa Ouazzani

Référence
Grob JJ : Mole surveillance, is it worthwhile ? 18e congrès de l’European Academy of Dermatology and Venereology. Berlin, 7-11 octobre 2009

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