Dépister le ganglion sentinelle avec le vert d’indocyanine dans le cancer colorectal

La mortalité du cancer colorectal (KCR) est directement corrélée au stade de la maladie et le taux de survie globale à 5 ans passe de 95 % au stade I (tumeur ne dépassant pas la musculeuse et sans adénopathies) à 64 % au stade III (tumeur perforant la séreuse et/ou avec atteinte lymphatique). La fréquence des récidives aux stades I et II (tumeur perforant le péritoine viscéral mais sans adénopathies) a fait soupçonner une sous estimation de l’atteinte ganglionnaire à ces stades.

Le concept de ganglion sentinelle (GS), bien établi pour d’autres cancers, s’applique aussi au KCR. Le 1er ganglion drainant la lymphe en aval de la tumeur doit être repéré, réséqué et analysé. Contrairement au cancer du sein, le curage est ici réalisé même si le GS est négatif ; mais la fiabilité du GS a été controversée, d’autant que des micrométastases ne pourraient être dépistées que par l’immunohistochimie.

Aussi, la recherche du GS par la fluorescence du vert d’indocyanine (VIC) paraît-elle une technique intéressante, d’autant qu’elle est anodine et peu onéreuse. Le VIC est une molécule amphiphile (elle possède « en même temps » des groupes hydrophile et hydrophobe) de poids moléculaire 775 dalton. Son pic d’absorption et son pic d’émission de fluorescence sont des longueurs d’onde proches de l’infrarouge, ce qui en fait un excellent agent de contraste dans le système lymphatique.

Une technique prometteuse dont il faut définir les indications

Des auteurs belges ont procédé à une analyse de la littérature parue de 1986 à 2017sur le sujet et ont retenu 10 publications.

Il en ressort que la faisabilité de l’examen est possible in-vivo et ex-vivo, avec toutefois une sensibilité faible, surtout ex-vivo. On n’a pas pu mettre en évidence de supériorité du VIC par rapport au bleu patenté. De plus, les études montrent une grande variabilité en ce qui concerne le type d’injection (sous muqueuse préopératoire ou au cours de la cœlioscopie en péri-tumoral), la dose injectée, les procédés histologiques (coloration à l’hématoxyline éosine, ou immunohistochimie, ou coupes sériées) et même la définition de la micro-métastase ganglionnaire (de 0,2 à 2 mm). De plus, la sensibilité s’est avérée meilleure dans les tumeurs ne dépassant pas la musculeuse que dans les plus profondes.

Au total, il s’agit d’une technique prometteuse, sans aucun effet secondaire, mais dont il convient de définir avec plus de précision le protocole et les indications.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Liberale G et coll. : Indocyanine green fluorescence imaging for sentinel lymphnode detection in colorectal cancer : a systematic review.

European Journal of Surgical Oncology 2018; 44: 1301-1306.

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