Dépression et vieillissement : une enquête dans la « ville des bouleaux »

Bien que les mécanismes sous-tendant cette relation demeurent encore « obscurs », la dépression est associée à une accélération du vieillissement et des maladies liées à celui-ci, rappelle une équipe exerçant en Suède. Les auteurs utilisent des données de l’étude dite Betula[1] (une enquête prospective de cohorte, démarrée en 1988 à Umeå, une cité suédoise surnommée « la ville des bouleaux » –betula en latin, d’où l’appellation donnée à cette étude) pour « évaluer longitudinalement le lien entre les symptômes dépressifs, l’atrophie cérébrale et les niveaux de cortisol. » De façon plus globale, la finalité de l’étude initiale d’Umeå consiste à préciser l’évolution de la santé (et notamment de la mémoire) à l’âge adulte et lors du vieillissement, à identifier les premiers signes cliniques et les marqueurs biologiques d’une démence et, à l’inverse, à « déterminer les facteurs critiques d’un vieillissement réussi. »

Les sujets participant à cette étude ont maintenant un âge moyen de 59 ans (déviation-standard = 13,4 ans). Les chercheurs ont pratiqué des examens cliniques, des évaluations neuropsychologiques, des IRM cérébrales, et des examens biologiques (en particulier, la mesure des niveaux de cortisol salivaire).

Des corrélations ont été recherchées notamment entre le degré d’atrophie corticale et hippocampique à l’imagerie cérébrale et les niveaux de cortisol salivaire, et comparées chez les participants avec ou sans symptômes dépressifs.

Association entre symptomatologie dépressive, taux élevés de cortisol, et atrophie des régions préfrontales et limbiques du cerveau

Cette recherche montre qu’une « atrophie du gyrus frontal supérieur gauche et du gyrus lingual droit se développe parallèlement aux symptômes dépressifs. » Et dans le pôle temporal gauche, le cortex temporal supérieur et le cortex supramarginal, une atrophie survient après l’apparition de symptômes dépressifs. On constate que l’atrophie liée à la dépression est « significativement associée à des niveaux élevés de cortisol », lesquels sont « également associés à une atrophie diffuse dans les aires préfrontales, pariétales, latérales et médio-temporales. » Les auteurs estiment que ces recherches permettent de conclure qu’il existe effectivement une association entre « une symptomatologie dépressive, des taux élevés de cortisol, et une atrophie des régions préfrontales et limbiques du cerveau. »


Dr Alain Cohen

Référence
Lebedeva A et coll.: Longitudinal relationships among depressive symptoms, cortisol, and brain atrophy in the neocortex and the hippocampus. Acta Psychiatrica Scandinavica. 2018: 137: 491–502.

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