Détection des cancers de la vessie en 90 minutes chrono ?

Aux États-Unis, près de 80 000 nouveaux cas de cancers de vessie sont découverts chaque année et, même si la plupart sont superficiels et traités par résection transurétrale de vessie (RTV), la surveillance doit en être diligente, car les récidives sont fréquentes. Et, c’est sur la cystoscopie et sur la cytologie urinaire que se fonde le diagnostic. Mais la cytologie urinaire a une sensibilité et une spécificité respectivement de 35 et 94 %. Cette sensibilité médiocre est, en outre, opérateur-dépendante et sa fiabilité reste faible même dans les cancers de vessie à haut risque. D’où l’intérêt du développement d’un nouveau test, appelé GeneXpert, qui semble rapide et sensible, utilisant une technologie de cartouche brevetée, la réaction de la chaîne polymérase (PCR). Les prélèvements d’urines, possibles même en cas d’hématurie ou d’infection urinaire (le réactif détruit les globules mais respecte les cellules urothéliales), sont effectués avant cystoscopie et RTV. Un groupe témoin a été constitué de sujets réputés sains.

Les cellules tumorales en ligne de mire

Le principe du test repose sur la mise en évidence des cellules tumorales présentes dans les urines grâce à la détection des altérations génétiques typiques des dites cellules, en particulier des pertes ou des amplifications de fragments d'ADN. En effet, dans la cartouche, les cellules urothéliales sont détruites à leur tour et l’analyse porte sur les acides nucléiques extraits de cette lyse, soumis à un appareil d’amplification par PCR.

De nombreux marqueurs (ABL1, CRH, IGF2, ANXA10) ont été testés. Les auteurs ont en effet identifié plus de 100 bio-marqueurs déjà décrits dans la littérature médicale en ne retenant que l’acide ribonucléique messager (mRNA) de 10 d’entre eux (ABL1, etc.).

Le groupe étudié comportait 444 sujets, 80 autres étant surveillés après résection d’un cancer de vessie et 45 ayant une hématurie macroscopique. C’est à partir de ce groupe qu’a été bâti le modèle permettant de prédire la présence ou non d’un cancer de vessie.

Ce modèle a ensuite été testé sur 370 sujets dont 321 sans cancer de vessie avéré, 27 sous surveillance après RTV et 22 hématuriques. L’application du modèle précité a permis d’obtenir des résultats positifs avec une sensibilité et une spécificité de 73 et 90 % chez les hématuriques, cette dernière passant à 77 % chez les patients sous surveillance et à 98 % chez les sujets sains.

Il s’agit donc d’un test non invasif (sur urines), rapide, et doté d’une bonne sensibilité, qui peut aider le praticien dans ses décisions thérapeutiques.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Wallace E et coll. : Development of a 90-minute integrated noninvasive urinary assay for bladder cancer detection. J Urol 2018 ; 199 : 655-662.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article