Détournement, contrefaçon, vente illégale : vives menaces sur la planète médicament !

 

Paris, le jeudi 1er mars 2007 – La lutte contre les drogues illicites ne doit pas faire oublier que le détournement, la contrefaçon ou la vente illégale de produits dûment autorisés représente également un danger important. Tel est en substance le message que l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) a choisi de délivrer ce jeudi 1er mars à Vienne. Les experts souhaitent en effet éveiller les consciences des autorités sanitaires et policières du monde entier afin qu’elles redoublent de vigilance face à la menace que représentent l’abus et le détournement de produits légalement prescrits. L’alerte concerne en premier lieu la multiplication par trois des ordonnances de fentanyl, qui suscite les inquiétudes des responsables de l’OICS, qui soupçonnent une progression des usages détournés. L’institution souligne également que l’abus d’analgésiques concerne aujourd’hui de nombreux lycéens et étudiants américains, parmi lesquels on observe parfois des taux de prévalence atteignant 10 %. Des phénomènes similaires pourraient également toucher dans les années à venir l’Inde ou le Nigeria.

 

Détournement du Subutex : la France en ligne de mire !

 

Dans un second volet de leur rapport, les experts mettent l’accent sur la progression des médicaments destinés à faire maigrir, qui sont souvent utilisés abusivement. Le Brésil, l’Argentine, la Corée du Sud, les Etats-Unis et Singapour figurent aux premiers rangs des pays où ce phénomène est le plus préoccupant. La France n’est pas épargné par ce tableau inquiétant. Dans notre pays, c’est le détournement de la buprénorphine (Subutex) qui alarme l’OICS, qui affirme que 25 % des prescriptions de ce traitement substitutif à l’héroïne seraient détournées à des fins illégales. Cette nouvelle estimation pourrait contribuer à relancer le débat autour de la nécessité de classer ces produits parmi les stupéfiants, ce qui pourrait freiner le détournement de ce produit en raison de sanctions plus sévères et de contrôles plus fréquents, mais qui pourrait également mettre à mal l’efficacité d’une politique de prise en charge de la toxicomanie dont l’efficacité n’est plus à démontrer.

Contrefaçons

 

Le rapport présenté aujourd’hui par l’OICS s’intéresse également à la prolifération des cyberpharmacies que nulle mise en garde ne semble devoir empêcher. Des dizaines de milliers de pharmacies en ligne séviraient sur le net selon l’agence mandatée par l’ONU et proposeraient illégalement d’importantes quantités de benzodiazépines et d’opioïdes, vendus respectivement par 84 et 68  % de ces portails internet. Dangereuse, car elle n’est assortie d’aucun conseil médical et parce qu’elle ne se soucie pas toujours des dates de péremption, la vente de médicaments en ligne contribue en outre à favoriser la contrefaçon de médicaments. Or, le développement inquiétant des « faux médicaments » est un danger pour la santé publique de très nombreux pays en voie de développement où la proportion de produits contrefaits peut atteindre jusqu’à 50 % selon l’Organisation mondiale de la Santé. Face à ce phénomène, l’OICS appelle l’ensemble de la communauté internationale à « sensibiliser ses services de détection et répression ».

 

A.H.

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