Deux milliards et demi de confinés !

New Delhi, le mercredi 25 mars 2020 – Avec la décision de l’Inde (1,3 milliards d’habitants) de placer sa population en confinement, c’est désormais un tiers de la population mondiale qui est prié de rester chez elle.

Depuis hier soir minuit, 1,3 milliards d’Indiens sont placés en confinement et ce pour au moins trois semaines.

Cette décision, sans précédent dans l’histoire de l’humanité par son ampleur, a été prise par le Premier Ministre Narendra Modi ce mardi. « Un seul pas en dehors de chez vous peut ramener la grave maladie dans votre foyer » a-t-il déclaré dans une allocution solennelle à la nation.

Un lit d’hôpital pour 2 000 habitants

Comme dans beaucoup d’autres pays, le confinement généralisé est l’aboutissement d’une série de mesures de plus en plus drastiques prises pour lutter contre l’épidémie. L’Inde a d’abord fermé ses frontières extérieures, puis ses frontières entre les États, dont plusieurs avaient déjà placé leur population en confinement, avant de mettre en place un couvre-feu. Parallèlement à la mesure prise ce mardi, le chef du gouvernement fédéral a prononcé la mise à l’arrêt des transports publics.

Officiellement, l’Inde ne compte à ce jour que 500 cas confirmés et une dizaine de morts, mais la gravité de l’épidémie est sous-évaluée selon les épidémiologistes. Avec une densité de population record, un système sanitaire encore très peu développé (1 lit d’hôpital pour 2 000 habitants) et des dizaines de millions de sans-abris, l’Inde pourrait payer un lourd tribut à l’épidémie.

Le Royaume-Uni se confine à son tour

Cette décision de l’Inde porte à 2,6 milliards le nombre de personnes désormais placées en confinement dans le monde, soit plus d’un tiers de la population de la planète. Les pays qui avaient fait le choix de miser sur l’immunité collective cèdent peu à peu aux sirènes du confinement. C’est le cas notamment du Royaume-Uni, dont les 60 millions d’habitants sont priés de rester chez eux depuis lundi soir. En Europe, seuls la Suède et les Pays-Bas résistent encore et toujours au confinement, tels d’irréductibles Gaulois.

Aux Etats-Unis, c’est la cacophonie la plus totale. La décision du confinement est prise État par État et c’est désormais un tiers des habitants qui sont contraints de rester chez eux. Avec déjà 210 morts en quelque jours, l’État de New York craint de devenir le nouvel épicentre de l’épidémie.

Le remède pire que la maladie ?

Mais le Président Donald Trump voit d’un très mauvais œil ces mesures de confinement locales. Dans une interview à Fox News réalisée ce mardi, il a dit souhaiter un retour à la normal pour Pâques, soit le 12 avril. Selon lui, la récession provoquée par la crise sanitaire pourrait être pire que l’épidémie : « Vous pensez que c’est juste le coronavirus qui tue les gens ? Cet arrêt économique total tuera des gens ». Le 13 mars dernier, le très versatile président américain avait pourtant décrété l’état d’urgence sanitaire et s’était présenté comme le dirigeant d’un pays en guerre.

Dans cette opposition entre Trump et les gouverneurs, Anthony Fauci joue le rôle d’arbitre. Le célèbre infectiologue, qui conseille le gouvernement américain depuis le début de l’épidémie, a poliment contredit le président américain quant à une fin du confinement pour mi-avril, mais a reconnu que le dispositif de lutte contre l’épidémie pouvait être adapté dans chaque État selon la gravité de l’épidémie.

Même situation ou presque au Brésil où le président Jair Bolsonaro, souvent présenté comme un disciple de Trump, s’oppose fermement aux mesures de plus en plus drastiques prises par les États de ce pays fédéral. Déclarant vouloir privilégier l’économie, il a, dans la veine de son discours habituel, accusé les médias de créer une hystérie collective. Populisme et confinement ne semblent pas faire bon ménage.

QH

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