Deux mouvements de grève à l’hôpital le 8 novembre

Paris, le lundi 24 octobre 2016 - Comme nous l’avions annoncé, un vaste mouvement de grève des infirmier(e)s se prépare pour le 8 novembre après un appel commun à la mobilisation des principales organisations d’infirmier(e)s salarié(e)s. Un préavis de grève pour la même date a été déposé par la CGT, FO et SUD couvrant l’ensemble des personnels de la Fonction Publique Hospitalière du secteur sanitaire, social et médico-social.

17 organisations infirmières

Conditions déplorables de travail, d’études et de rémunérations, vague de suicides, agressions : ce sont maintenant 17 organisations représentatives de la profession infirmière et des étudiants en soins infirmiers* qui appellent à une mobilisation générale le 8 novembre pour crier leur malaise, les syndicats de libéraux et les étudiants s’étant joints au mouvement.
Les infirmier(e)s se donnent rendez-vous avec des revendications communes. « Pénibilité non reconnue, discrimination salariale, manque de personnel, manque de concertation et non-prise en compte de l’ensemble des compétences des infirmiers libéraux, défaut d’encadrement des étudiant.e.s, etc. : les raisons de la grogne sont nombreuses, et l'injustice sociale s’ajoute à un manque de considération criant de la part du gouvernement », soulignent les organisations dans un communiqué commun. Elles attendent encore le respect des engagements pris par le Premier ministre lors de la Grande Conférence de la Santé du 11 février 2016. Il s’était prononcé en faveur de plusieurs mesures visant à l’amélioration des conditions d’études, au développement des compétences des infirmier(e)s ainsi qu’à leur reconnaissance.

Un appel intersyndical

« Près de 4 milliards d’euros vont être à nouveau économisés au détriment du dispositif de soins public et des salarié(e)s qui y travaillent », accuse l’intersyndicale FO CGT et SUD de la Santé et de l’Action Sociale à la faveur du début de la discussion de la Loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2017. Elle choisit ce moment pour appeler à la mobilisation et à un jour de grève nationale le 8 novembre les personnels médicaux et non médicaux, agents des établissements de la fonction publique hospitalière (du secteur sanitaire, social et médico social). Une journée d’action à laquelle l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) déclare apporter son soutien et s'associer pleinement.

L’intersyndicale dresse le constat d’une « déstructuration du système hospitalier public et privé non lucratif français » avec ses « conséquences néfastes », dont les 135 Groupements Hospitaliers de Territoire sont un exemple. Elle met notamment en avant « des conditions de travail qui se dégradent », « des burn-out en série, des suicides de professionnel-les qui se multiplient », l’augmentation du statut de contractuel-les, avec pour seule perspective la précarité, « des budgets imposant des restructurations drastiques, des services entiers fermés, des lits supprimés partout ». Elle accuse aussi des Ordres professionnels (Masseur-kinésithérapeute, pédicure-podologue et Infirmier)de devenir « de véritables ‘polices politiques’, traquant les collègues tout au long de leur vie professionnelle et au-delà ».

Dans leur préavis de grève adressé à Marisol Touraine, les fédérations FO, CGT et SUD du secteur Santé et Action Sociale demandent la prise en compte de leurs revendications. Elles insistent en particulier sur l’abrogation de la Loi HPST et de la Loi santé, l’abandon de la « territorialisation » de l’offre de soins, des GHT et des restructurations,  l’arrêt des fermetures de lits et des suppressions de postes,  la fin des enveloppes limitatives et l’abandon du plan ONDAM triennal de 3,5 milliards d’économies sur les hôpitaux,  l’octroi de moyens budgétaires aux établissements sanitaires et médicosociaux,  l’abrogation des ordres professionnels,  l’ouverture de vraies négociations sur les carrières et les grilles indiciaires et la mise en œuvre d’un plan de formation initiale et continue.

*Les syndicats d’infirmiers salariés CNI, SNICS, SNIES, SNPI, les syndicats de libéraux FNI, Convergence Infirmière, SNIIL et SNIPUERLIB, les organisations professionnelles IADE (ANEIA, CEEIADE, SNIA), IBODE (AEEIBO, UNAIBODE), et puéricultrice (ANPDE, SPL), l’association UNIDEL et la FNESI pour les étudiant(e)s en soins infirmiers.

Dominique Monnier

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