Diabète de type 2 : Efficacité d’une prise hebdomadaire d’exénatide

La voie des incrétines constitue une option thérapeutique novatrice dans le diabète de type 2. L’exénatide est un agoniste du récepteur du GLP-1 (glucagon-like peptide-1) ayant une action incrétino-mimétique. Ses effets gluco-régulateurs comportent l’augmentation de la sécrétion d’insuline gluco-dépendante, la réduction de la sécrétion du glucagon, la réduction de l’appétit et le ralentissement de la vidange gastrique. L’exénatide est une alternative à l’insulinothérapie chez les patients atteints d’un diabète de type 2 non équilibré sous traitement oral maximum avec l’avantage de limiter le risque d’hypoglycémie et la prise de poids. La voie d’administration est sous-cutanée sans adaptation des doses, le principal effet indésirable du traitement est la survenue de nausées et vomissements. Trois essais randomisés ont montré une réduction de l’HbA1c comparable sous insuline et sous exénatide à la posologie de 10 µg deux fois par jour. Une forme à action prolongée avec une prise hebdomadaire de 2 mg d’exénatide a été développée. Quelle est son efficacité ?

Un essai de non-infériorité a été réalisé chez 295 diabétiques de type 2 pour une durée de 30 semaines. Il s’agissait d’un essai ouvert randomisé ayant comparé deux posologies de l’exénatide : 10 µg deux fois par jour ou 2 mg une fois par semaine. A l’inclusion, les patients avaient une HbA1c moyenne de 8,3 % et un poids moyen de 102 kg ; leur traitement reposait sur le suivi hygiéno-diétetique seul (16 %), sur la metformine seule (37 %) ou associée à un autre anti-diabétique oral (38 %), sur une monothérapie par sulfamide hypoglycémiant ou glitazone (9 %). Un traitement par sulfamide hypoglycémiant concernait 34 % des patients. Ces traitements ont été poursuivis lors de l’essai.

L’exénatide en prise hebdomadaire a permis une réduction plus importante de l’HbA1c qu’en prise bi-quotidienne (- 1,9 versus – 1,5 % ; p = 0,02) avec une proportion supérieure de patients atteignant une HbA1c inférieure ou égale à 7 % (77 versus 61 % ; p = 0,004) sans augmentation du  risque d’hypoglycémie. La réduction pondérale était similaire dans les deux groupes, avec une moindre incidence des nausées sous exénatide hebdomadaire, par contre un prurit au point d’injection était signalé par 17 % des utilisateurs.

L’exénatide en prise hebdomadaire semble plus efficace et mieux tolérée au plan gastro-intestinal qu ‘en prise bi-quotidienne. La confirmation de cette efficacité à long terme et l’absence d’effets délétères permettront de généraliser l’emploi de cette molécule. Il faudra encore démontrer l’efficacité de ce traitement sur la prévention des complications micro et macrovasculaires et définir les profils de patients susceptibles de mieux réagir à l’exénatide qu’à l’insuline. Comme le rapelle le Pr Scheen dans son éditorial le développement des antidiabétiques suit rarement une trajectoire linéaire.

Dr Laurence Du Pasquier

Références
Drucker DJ et coll : Exenatide once weekly versus twice daily for the treatment of type 2 diabetes : a randomised, open-label, non-inferiority study. Lancet 2008, Publication avancée en ligne le 7 septembre. DOI : 10.1016/S0140-6736(08)61206-4
Scheen AJ : Exenatide once weekly in type 2 diabetes. Lancet 2008, Publication avancée en ligne le 7 septembre. DOI : 10.1016/S0140-6736(08)61207-6

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