Diabétiques de type 2 : un peu de sucre ne fait pas de mal

Actuellement, 1 adulte sur 11 dans le monde est concerné par le diabète. Plusieurs facteurs de risque sont impliqués, facteurs génétiques ou mode de vie, mais le facteur essentiel est l’obésité. Le mécanisme sous-jacent est l’insulino-résistance, favorisée par l’hyperglycémie chronique. C’est donc « tout naturellement » que des régimes restrictifs en hydrates de carbone ont été proposés aux diabétiques, particulièrement avant la découverte de l’insuline. Une alimentation contrôlée est essentielle dans la prise en charge du diabète, mais les régimes très restrictifs en hydrate de carbone n’ont plus la faveur des prescripteurs. Une certaine confusion persiste toutefois concernant la diète idéale.

Une nouvelle méta-analyse, réalisée à partir de 23 études, apporte des éclaircissements concernant les effets des régimes restrictifs en hydrates de carbone chez des patients diabétiques de type 2. Il apparaît notamment que les patients suivant ce type d’alimentation obtiennent une rémission de leur diabète après 6 mois (HbA1c < 6,5 %) plus souvent que ceux ayant une alimentation pauvre en graisses (57 % vs 31 % ; différence de risque 0,32 ; intervalle de confiance à 95 % 0,17 à 0,47). La différence est toutefois moins significative dans les études qui incluent des patients sous insuline. La perte de poids, le taux de triglycérides et la sensibilité à l’insuline s’améliorent aussi à 6 mois.

Les régimes très restrictifs en hydrates de carbone sont plutôt moins efficaces

A 12 mois, les données ne sont plus aussi convaincantes, tant en termes de taux de rémissions que pour les autres paramètres. Notons que les diètes très restrictives en hydrate de carbone semblent en moyenne moins efficaces que les moins strictes. Il s’agit sans doute d’un effet lié à une moins bonne adhésion au régime.

En termes d’effets indésirables, les patients ne rapportent pas une réduction de leur qualité de vie à 6 mois. La tolérance semble s’émousser au fil du temps, mais, à 12 mois, la différence de qualité de vie avec le régime pauvre en graisses reste non significative. Une tendance à une augmentation du taux de LDL-cholestérol apparaît à 12 mois.

Pour les auteurs, il est utile de rapprocher ces données des résultats d’une récente revue d’études de cohortes qui suggérait qu’une diète très restrictive en hydrates de carbone menée sur le long terme était associée à une augmentation de la mortalité. Ils estiment que ce type d’alimentation peut être prescrit pour une courte durée, en surveillant activement et en ajustant le traitement anti-diabétique.

Dr Roseline Péluchon

Références
Goldenberg JZ et coll. : Efficacy and safety of low and very low carbohydrate diets for type 2 diabetes remission: systematic review and meta-analysis of published and unpublished randomized trial data. BMJ 2021;372:m4743. doi.org/10.1136/bmj.m4743

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Vos réactions (1)

  • Du sucre vraiment ?

    Le 20 janvier 2021

    Un sujet diabétique doit avoir un régime équilibré de type méditerranéen, la démonstration en est faite largement. Un tel régime est naturellement pauvre en certaines catégories de lipides et de protéines, et riche en végétaux, c'est à dire en glucides. Mais de là à dire qu'il doit comporter "du sucre"... veut-on dire du sucrose (saccharose) ?
    Les "sucres" (oses) sont une classe biochimique extrêmement riche et variée, où le pire côtoie le meilleur du point de vue nutritionnel, et il est donc bien risqué d'utiliser cette terminologie.
    Malgré qu'en ait l'énorme marché industriel concerné, et bien qu'on doive en utiliser dans certaines recettes gastronomiques, il semble que la consommation de sucrose (ou pire : de ses composants glucose et fructose, c'est à dire dextrose et lévulose) ne peut certainement être conseillée à personne, diabétique ou non.

    Dr Pierre Rimbaud

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