Direct 29 juin : le Pr Karine Lacombe décrypte la crise | L'addition salée des malades sans mutuelle

Cette veille quotidienne régulièrement réactualisée vous permet de retrouver rapidement certaines des informations brèves concernant l’épidémie actuelle. Retrouvez tous nos articles sur la Covid-19.

12 h 30 - Le Pr Karine Lacombe donne sa vision de l'épidémie

Auditionnée par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale le professeur d'infectiologie Karine Lacombe (Saint-Antoine, Paris) s'est défendue après les accusations de "conflits d'intérêts" proférées à son encontre par les partisans du Pr Raoult. Après avoir rappelé la différence entre liens et conflits d'intérêts, elle a assuré : "Je n'ai jamais eu le sentiment qu'il y ait eu un médicament plus poussé qu'un autre. Au contraire, on nous a poussé à monter les essais nécessaires pour montrer que certains médicaments étaient efficaces, et peut-être plus que la prise en charge standard". Concernant l'hydroxychloroquine, elle a fait valoir : "Je ne me suis pas opposée à quelque scientifique que ce soit, (...) je ne me suis pas non plus opposée à une molécule. J'ai simplement essayé d'apporter un regard critique (...) sur la façon dont un essai pouvait être fait". Elle a poursuivi son plaidoyer, quelques heures plus tard, sur Europe 1, en évoquant un aspect méconnu de la politique de tests du Pr Raoult si souvent vantée par ce dernier : "On peut revenir sur la façon dont le dépistage a été fait à Marseille, le dépistage a été centralisé à l'IHU. La question de l’hôpital Nord s’est posée très rapidement. L’hôpital Nord n’avait pas de tests (...) D'où viennent ces tests ? S’il y avait autant de tests à Marseille pourquoi il n’y a pas eu sur le territoire français une solidarité ?".

12 h 15 - Des milliers d'euros réclamés à des patients sortis de réa !

Dans le Journal du dimanche, le directeur de l'AP-HP, Martin Hirsch dévoile : "Il y a un paradoxe en France : on cotise beaucoup pour l’Assurance maladie, mais les soins les plus critiques et les plus coûteux ne sont pas les mieux couverts. Et si cette faiblesse n’est pas perceptible pour une grande partie de la population, elle peut être catastrophique pour certains patients, sans mutuelle. Là, le problème devrait sauter aux yeux de tous : demander un ticket modérateur de plusieurs milliers d’euros à des patients qui sortent de réanimation après avoir été malades du ­Covid-19 ? N’est-ce pas absurde ? A l’heure où on cherche à tirer les leçons du ­Covid, dont il faut rappeler qu’il touche davantage les plus vulnérables socialement, et à ­’débureaucratiser’ l’hôpital, il y a là une occasion historique de résoudre un double problème : les inégalités d’accès aux soins et la folie de la ­paperasse. A ­l’AP-HP, on a plus de personnel pour s’occuper de ces formalités administratives,  1 500 employés,  que de manipulateurs radio pour faire des radiothérapies, des scanners et des IRM".

12 h - Un couple jugé pour avoir contraint une infirmière à déménager

Un couple de propriétaires immobiliers sera jugé aujourd'hui à Montpellier pour avoir contraint une infirmière à déménager pendant l'épidémie. Le ministre du logement, Julien Denormandie a résumé avant même le procès : "Ce qu'ont fait ces gens est abject".

11 h - Baisse d'activités : une indemnité pour les remplaçants

Les remplaçants ont finalement obtenu gain de cause : ils devraient eux aussi recevoir prochainement une aide financière de l'Assurance maladie pour compenser les baisses d'activités engendrées par le confinement. « Finalement, suite à un travail conjoint entre le ministère, la Cnam, l’ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) et ReAGJIR, ainsi que le soutien de plusieurs structures syndicales, une indemnisation pour perte d’activité sera accessible et versée aux remplaçants libéraux », assure le syndicat ReaGJIR. Les modalités et les montants de ces aides restent à déterminer.

9 h - France : pas de nouvelles données depuis trois jours !

Pour la première fois depuis le 1er mars, aucune nouvelle donnée n'a été publiée sur l'épidémie en France depuis le 26 juin. Ce jour là, selon le ministère de la santé, 8 886 personnes étaient hospitalisées pour une infection à SARS-CoV-2 dont 634 en réanimation.

Depuis le début de l’épidémie,  29 778 personnes sont décédées en France, dont 19 290 personnes au sein des établissements hospitaliers. Les chiffres de la mortalité relatifs aux établissements sociaux et médico-sociaux seront actualisés par Santé publique France le 30 juin.

8 h - Plus de 10 000 000 de cas et plus de 500 000 décès dans le monde

Selon les données colligées par l'université John Hopkins de Baltimore, on a recensé, dans le monde, 10 154 984 cas de Covid-19 (vs 8 963 439 il y a une semaine) et 502 048 décès liés à cette maladie (vs 468 485 il y a une semaine) . Les trois pays qui ont identifié et déclaré le plus de cas sont les États-Unis (2 549 069 covid+), le Brésil (1 344 143) et la Russie (640 246). Les trois pays les plus endeuillés sont les Etats-Unis (125 803 décès), le Brésil (57 622) et le Royaume-Uni (43 634).

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Vos réactions (2)

  • Considération.

    Le 29 juin 2020

    Le Pr Lacombe, je me souviens de ses apparitions à la TV. Elle a été comme nombre de ses collègues, floue, changeante et péremptoire. Elle savait tout, mais son savoir suivait le cours des évènements, rien que de très humain, et je dirais aussi de très médical. Elle était aussi, là encore comme ceux qu'on entendait alors, légitimiste si l'on peut dire, validant la stratégie "tout à l'hôpital" sortie des cénacles administrés. Evidemment c'est moins risqué que d'avoir une idée globale et en rupture d'avec le canon technico-administratif.

    Je ne pense pas du tout qu'elle ait pu être achetée ou corrompue, comme du reste tous ses collègues, qu'ils (ou elles) émargent aux bienfaits ou ménages de firmes pharmaceutiques ou pas.
    C'est à la fois plus innocent et plus inquiétant. Elle s'est mise elle même dans la pensée standard, où son mode de réfléchir, d'agir, de juger est au diapason de l'environnement qu'elle côtoie, où les cadres hautement administratifs disent le vrai et le seul bien, et où les laboratoires pharmaceutiques guident le cadre des bonnes pratiques vis à vis des médicaments. C'est innocent, car je n'y vois nulle malice, c'est inquiétant car le formatage que ce double conformisme entraîne peut réduire le champs des possibles de sa réflexion et de son jugement.

    Devenue "leader d'opinion", objet de bien des attentions forcément désintéressées, elle se rend moins compte de qui la conduit (lead), puisqu'elle a déjà fait sienne une pensée pré-digérée par les vrais meneurs.

    Je répète que je ne sais pas du tout si l'HCQ a un quelconque effet dans la covidite, je constate que l'agence européenne du médicament recommande le redemsivir, sans que j'ai lu des documents bien probants sur ses bienfaits thérapeutiques. Il y a plus d'un tour dans un grand sac
    C'est là dessus que le Pr Lacombe devrait réfléchir, en son for intérieur, que se passe-t-il ?
    Quant à son intérêt à ses collègues lésés de l'hôpital nord de Marseille, il la grandit, sans aucun doute.

    Dr Gilles Bouquerel

  • Un modèle de rechange ?

    Le 01 juillet 2020

    Pour ma part, il me semble que le Pr. Lacombe et beaucoup de ses confrères sur le terrain ont d'abord et avant tout agit, avec les moyens du bord...
    Si son discours a pu apparaître à certains comme flou et changeant c'est plutôt pour moi une marque d'honnêteté. Car, s'agissant d'un virus nouveau, au comportement peu prévisible, il n'y a rien d'étonnant à cela. Quant à l'appréciation de "péremptoire", elle est purement subjective.

    A ce jour, à ma connaissance, seuls deux traitements ont montré (mais bien tardivement) un effet significatif:
    - Le Remdesivir chez les patients modérément sévères (oxygène seul)
    https://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMoa2007764

    - La Dexaméthasone chez les patients les plus sévères (Essai Recovery).
    Après tout c'est assez logique, étant donné les connaissances actuelles et récentes sur la physiopathologie du virus.

    On suggère de nous débarrasser de tout ça. Bref, de renverser la table. Mais pour faire quoi à la place ?
    Ecrire: "Evidemment c'est moins risqué que d'avoir une idée globale et en rupture d'avec le canon technico-administratif." n'est qu'une prose dans l'air du temps qui n'apporte absolument rien au débat.

    Le vrai problème est celui-ci: comment adapter dans l'avenir (pour cette épidémie et les suivantes) nos procédures d'essais de traitements de façon à ce qu'ils soient validés sérieusement et au plus tôt.

    Dr Thibault Heimburger






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