Don de moelle osseuse : appel aux hommes de bonne volonté

Paris, le lundi 13 mars 2017 – L’Agence de biomédecine s’est fixée l’objectif ambitieux de recruter 18 000 donneurs de moelle osseuse chaque année, afin d’étoffer notre registre qui compte aujourd’hui 263 416 inscrits. Si ce chiffre est en forte augmentation, il reste insuffisant pour permettre à notre pays d’éviter la sollicitation des pays étrangers. Aussi, l’Agence de biomédecine relance-t-elle chaque année son appel à de nouveaux donneurs. Ces campagnes de sensibilisation sont couronnées de succès : en 2016, le quota de 18 000 personnes supplémentaires inscrites a été dépassé pour atteindre 20 455.

Des chances de succès de la greffe plus élevées en cas de donneur masculin !

Désormais, l’Agence de biomédecine ne se contente plus de vouloir faire du chiffre, elle se concentre également sur le profil des donneurs. On le sait, les diversités ethniques de la population sont mal représentées au sein du registre et cette lacune a fait l’objet de messages spécifiques dans les années précédentes. Mais, aujourd’hui, à l’occasion de la 12ème semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, qui débute ce 13 mars et qui bénéficie d’un fort soutien des étudiants en médecine et en pharmacie, c’est aux hommes jeunes que l’Agence s’adresse en priorité. Les inscrits les plus récents sont majoritairement âgés de moins de 40 ans : c’est le cas de 80 % des personnes recrutées en 2016. Mais parmi eux la parité n'est pas respectée et les hommes restent minoritaires. Au total, en effet « les hommes ne représentant que 35 % des donneurs inscrits sur le registre français » précise l’Agence de biomédecine.  Or, les donneurs masculins sont plus recherchés. En effet, « les cellules issues de moelle osseuse prélevée » chez ces derniers « sont mieux tolérées par les patients sur le plan immunologique et les chances de succès de la greffe sont donc plus élevées. L’explication tient au fait que la moelle osseuse des hommes n’est pas exposée aux anticorps que la femme peut potentiellement développer pendant la grossesse » explique le président de la Société francophone de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC), le professeur Jaques Olivier Bay. Forte de ces données scientifiques, l’Agence de biomédecine s’adresse donc cette année d’abord aux hommes jeunes. La campagne s’appuie sur un spot radio qui sera diffusé sur sept grandes stations nationales et douze antennes régionales. U n bus sillonnera également douze grandes villes de France à la rencontre des populations. Un site internet revient enfin sur les différentes idées reçues qui persistent concernant le don et qui sont notamment très répandues chez les hommes. Ainsi, six hommes sur dix continuent à penser que le prélèvement des cellules de la moelle osseuse est réalisé dans la colonne vertébrale, comme l’avaient mis en évidence des enquêtes réalisées par l’Agence de biomédecine. Cette croyance erronée (liée à une confusion avec la moelle épinière) fait redouter le don à un nombre important de jeunes hommes, qui sont un tiers entre l’âge de 18 à 24 ans à craindre un acte « douloureux et risqué ».

Une rareté ignorée

L’année dernière, 967 patients ont bénéficié en France d’une greffe de moelle osseuse grâce à un donneur non apparenté. Si les donneurs n'étaient pas sélectionnés biologiquement il existerait « en moyenne une chance sur un million de trouver un donneur compatible pour un patient hors fratrie » rappelle l’Agence de biomédecine. Une réalité dont n’ont pas conscience les Français : seuls 18 % savent que la probabilité de trouver un donneur compatible est faible.

 

Semaine du don de la moelle osseuse

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Transparence totale

    Le 14 mars 2017

    Le message qui est diffusé sur les ondes est trompeur en disant qu'il ne s'agit que d'une prise de sang, car il me semble que le donneur accepte les deux possibilités: prise de sang pour obtention de cellules sanguines et/ou prélèvement osseux pour obtention de cellules souches qui sont ce qui est nécessaire le plus souvent; or ce dernier s'il est d'une innocuité totale est douloureux et effraie beaucoup de monde. Je milite pour les dons d'organes mais il aussi pour une transparence totale.

    Dr Eliane Katz

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