Douleur du coude chez le jeune sportif : craindre l’ ostéochondrite disséquante du condyle huméral

L’ostéochondrite disséquante du condyle huméral est la cause la plus fréquente de douleurs latérales du coude chez l’enfant après 10 ans et au cours de l’adolescence. Elle est aussi une cause bien connue de douleur du coude et de handicap chez l'athlète adolescent, principalement chez les gymnastes (essentiellement féminines), les lanceurs et les haltérophiles. Ces douleurs habituellement d’apparition progressive, le plus souvent du côté dominant, font suite à une contrainte du coude en valgus. Il résulte de ces microtraumatismes répétitifs une tension sur les formations ligamentaires internes et une compression sur les structures osseuses externes. La répétition des compressions sur la tête radiale et le condyle huméral va entraîner des modifications de la vascularisation de ces formations osseuses. Chez l’adolescent, avant la soudure des cartilages de croissance, il en résulte une fragmentation du noyau d’ossification. Le diagnostic précoce est primordial car un traitement conservateur bien conduit peut arrêter le phénomène et mener à la guérison. Par contre, pris trop tard, les noyaux ne vont pas se consolider et parfois se libérer. Ces cas vont mal cicatriser et nécessiter un traitement chirurgical arthroscopique.

Sur le plan clinique, outre la douleur, on peut constater un épanchement souvent modeste et une diminution des amplitudes de la flexion-extension plus souvent que de la prosupination. En cas de libération d’un corps étranger, des phénomènes de blocage peuvent apparaître ainsi que des craquements.

Dans la majorité des cas, les clichés standards suffisent à poser le diagnostic. Parfois, on s’aidera de l’arthroscanner ou de l’IRM qui permet  de poser le diagnostic avant que les lésions osseuses soient irréversibles.

Le traitement dépend bien évidemment du stade lésionnel. Lorsque les lésions sont évoluées, il comprend l’ablation arthroscopique (l’arthroscopie permettant en outre un bilan diagnostique) ou la refixation chirurgicale du fragment après curetage du défaut ostéochondral résiduel, avec des résultats très inconstants à long terme.

Dans les suites opératoires, le patient doit mobiliser son coude dès que possible et le retour vers l’activité sportive est conditionné par l’évolution à l’imagerie, les meilleurs résultats se retrouvant pour les lésions <1 cm et chez les patients jeunes. La guérison impose aussi une révision des techniques d’entraînement et de la gestuelle.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Baker C III et coll. Osteochondritis Dissecans of the Capitellum. Am J Sports Med 2010;38(9):1917-28.

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