Du Botox pour l’épaule douloureuse du patient hémiplégique

La scapulalgie est une complication fréquente de l’hémiplégie. Elle pourrait concerner plus de huit patients sur dix, tout au moins selon les estimations les plus pessimistes. Son étiologie reste imprécise, mais elle a tout lieu de résulter d’une intrication entre facteurs mécaniques et neurologiques, la spasticité étant souvent au premier plan. Dans les formes sévères, la vie du patient peut devenir un calvaire face à des traitements empiriques souvent décevants. Mais l’injection de toxine botulinique A (Botox® par exemple) pourrait avoir des effets plus satisfaisants.  

C’est ce que suggèrent les résultats d’un essai randomisé mené à double insu contre placebo dans un seul centre spécialisé. Ont été inclus 36 cas d’épaule hémiplégique douloureuse. L’intensité de la douleur (score ≥ 4 cm sur une échelle visuelle analogique) et celle de la spasticité (score ≥ 1+ sur l’échelle d’Ashworth modifiée) ont constitué les principaux critères d’inclusion. Les critères d’efficacité ont porté sur la douleur, la spasticité et la qualité de vie. La toxine botulinique (ou le placebo) a été administré par voie latérale dans le muscle sous-scapulaire de l’épaule douloureuse sous contrôle échographique.

Diminution de la douleur, régression de la spasticité

Dans le groupe traité, au cours d’un suivi de 12 semaines, l’intensité de la douleur a diminué significativement, soit -1,39 sur l’EVA [intervalle de confiante à 95 % IC 95%, -2,41 à -0,36] ; p =0,002), alors qu’elle est restée stable dans le groupe placebo. Il en a été de même pour la spasticité, le score sur l’échelle d’Ashworth modifiée s’améliorant dans l’accomplissement des mouvements suivants : rotation interne, -0,72 [IC 95%, -1,10 à -0,35] ; p = 0,001) ou encore abduction, -0,44 [IC 95%, -0,90 à -0,01] ; p = 0,026). Parallèlement, la mobilité passive indolore a augmenté significativement pour ce qui est de la rotation interne (p < 0,001 versus placebo) et la même tendance a été observée quant à la qualité de vie spécifique à l’AVC (p = 0,025 versus placebo).

Le Botox injecté sous contrôle échographique dans le muscle sous-scapulaire semble diminuer à la fois la douleur et la spasticité qui caractérisent l’épaule hémiplégique douloureuse. La qualité de vie s’en trouve améliorée.  Ces résultats encourageants qui émanent d’une seule équipe doivent être confirmés sur une plus grande échelle, même s’ils reposent sur un essai randomisé mené à double insu contre placebo.

Dr Giovanni Alzato

Référence
Botao Tan et coll. : Ultrasound-Guided BoNT-A (Botulinum Toxin A) Injection Into the Subscapularis for Hemiplegic Shoulder Pain: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial. Stroke. 2021 ; 52(12):3759-3767. doi: 10.1161/STROKEAHA.121.034049.

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