Du dioxyde de titane dans plus de 4000 médicaments vendus en France

Paris, le mercredi 8 février 2017 - L’UFC-Que Choisir révèle dans un article publié le 4 février dernier que le colorant E171 (dioxyde de titane), un additif utilisé de façon courante par les industriels dans les confiseries, les pâtes dentifrice ou encore les matériaux de construction, est également présent dans plus de 4000 spécialités pharmaceutiques autorisées à la vente sur le marché français. L’information n’aurait pas eu grand intérêt si, une dizaine de jours auparavant, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) n’avait pas publié une étude menée sur des rats montrant que l’exposition orale au dioxyde de titane était susceptible d’entraîner de graves effets sur la santé.

L’association de défense des consommateurs a ainsi consulté la base de données recensant les médicaments ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France et établi que le colorant qui fait désormais débat se retrouvait aussi bien dans la composition des médicaments indiqués dans le traitement de maladies chroniques que dans des spécialités d’automédication. Le E117 est ainsi présent dans de nombreux médicaments à base de paracétamol ou d’ibuprofène, des antibiotiques largement prescrits, des statines, des médicaments à base de metformine (antidiabétiques) ou d’oméprazole (contre les ulcères et le reflux gastro-œsophagien), ou encore dans des antihypertenseurs. Les compléments alimentaires ne sont pas épargnés non plus. L’UFC-Que Choisir annonce ainsi qu’une « recherche sur un site de parapharmacie remonte 650 résultats qui concernent la plupart des grandes marques et des secteurs (minceur, fatigue, stress, ménopause, confort articulaire, etc.) ».

Des nanoparticules à effet cancérigène possible pour l’Homme

La toxicité éventuelle du dioxyde de titane serait essentiellement due au fait de sa présentation sous forme de nanoparticules dont les propriétés et les potentialités toxiques sont réellement différentes des particules similaires, mais de plus grande taille. Alors qu’il est bien composé de micro et de nanoparticules, le E171 n’est pourtant pas soumis à l’étiquetage réglementaire « nanomatériau » puisqu’il n’est pas composé à plus de 50 % de nanoparticules (en général de 10 à 40 %). Déjà, une évaluation du risque réalisée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) pour une exposition par inhalation a conduit au classement du dioxyde de titane dans le groupe 2B, c’est-à-dire cancérigène possible pour l’Homme. Aujourd’hui, l’étude menée par l’INRA alerte également sur une possible toxicité liée à l’exposition orale au E171.

Ces études démontrent en effet pour la première fois que l’additif en question « est une source de nanoparticules de dioxyde de titane pour l’intestin et le reste de l’organisme, avec des effets sur les fonctions immunitaires et sur le développement de lésions prénéoplasiques (marqueurs d’un possible développement cancéreux, ndr) dans le côlon ». Pour l’Institut, ces premiers résultats « justifient une étude de cancérogénèse selon les lignes directrices de l’OCDE, afin de compléter ces observations à un stade plus avancé de la pathologie » et fournissent de nouvelles données pour l’évaluation du risque du E171 pour l’Homme. Au regard des conclusions de cette étude, les ministères de l'Economie, de la Santé et de l'Agriculture ont décidé de saisir conjointement l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) afin de déterminer si l'additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs. Les résultats de cette saisine seront connus à la fin du mois de mars.

Benoît Thelliez

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Vos réactions (2)

  • Les nanoparticules

    Le 09 février 2017

    Il est certain que les brillants organismes gouvernementaux n'auront toujours rendu aucun rapport dans cinq ans. Sinon, à quoi serviraient les lobbies des firmes pharmaceutiques aux largesses bien connues? Rappelons que ces grands organismes gouvernementaux ont autorisé et remboursé le Médiator alors qu'ils avaient reçu un rapport officiel indiquant l'inutilité et la dangerosité de cette molécule.

    Espérons que dans d'autres pays, on arrivera à dénoncer la toxicité de ces produits inutiles...

    Dr Guy Roche

  • Et du benzène dans l'essence

    Le 10 février 2017

    Et du benzène dans l'essence sans plomb, cancérigène non pas possible comme le TiO2 mais cancérigène prouvé...

    Là curieusement, l'UFC que choisir n'y trouve rien à redire... il faut dire que ce sont les écolos qui sont à l'origine de ce remplacement...

    Dr FL

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