Dyspepsie fonctionnelle : état des lieux de la prise en charge

Face à une dyspepsie, la première étape consiste à analyser l’ordonnance. De nombreux médicaments peuvent en effet être la cause des symptômes ou les majorer : anti-inflammatoires, opioïdes, lévodopa, IPP, bisphosphonates, IEC, corticoïdes, inhibiteurs calciques… S’il peut être difficile d’arrêter ces médicaments, on peut si possible les substituer.

Faut-il réaliser une endoscopie ?

Oui, elle permet d’éliminer une cause organique et elle est indispensable devant des signes d’alarme : saignement, anémie, perte de poids, masse abdominale, antécédents familiaux de cancer colique si âge > 50 ans, vomissements répétés, symptomatologie aiguë inhabituelle.
Un bilan sanguin et une imagerie digestive sont également utiles.

Trois catégories de patients

Suite à ce bilan lorsqu’il est normal, la classification de Rome IV distingue les patients en 2 types de diagnostics :
1) syndrome de détresse post-prandiale dont les symptômes sont déclenchés par les repas,
2) syndrome de douleur ou brûlure épigastrique généralement sans lien avec les repas. Un groupe où les nausées et vomissements prédominent pourrait être considéré comme une entité clinique.

Quels sont les médicaments qui sont efficaces selon les métanalyses ?
- L’éradication d’Helicobacter pylori est efficace (nombre de patients à traiter [NTT] : 14).
- Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont efficaces notamment en cas de syndrome douloureux épigastrique (NTT : 9) indépendamment de la dose.
- Les anti-H2 sont aussi efficaces que les IPP (NTT : 9).
- Les prokinétiques (NTT 16).
- Il n’y a pas lieu d’associer IPP et prokinétiques en raison de l’augmentation des effets secondaires sans augmentation de l’efficacité.
- Les antidépresseurs tricycliques sont efficaces, à faible dose (NTT 6) notamment.
- L’amitriptyline surtout dans les dyspepsies douloureuses.
- La mirtazapine, qui stimule la relaxation fundique, est à réserver aux patients ayant des troubles sévères.
- La buspirone a montré son efficacité.

Pour les patients chez qui prédominent les nausées et les vomissements, les antiémétiques en première intention et, en seconde intention, les prokinétiques comme la dompéridone, peuvent être proposés.

La stimulation électrique gastrique est efficace chez les patients ayant une gastroparésie associée.
 

Dr Emmanuel Cuzin

Référence
Gourcerol G : Prise en charge de la dyspepsie. Les journées francophones d’hépatogastroentérologie et d’oncologie digestives/JFHOD 2019 (Paris) : 21 – 24 mars 2019.

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