Ebola : 170 attaques contre des soignants en RDC

Kinshasa, le lundi 3 juin 2019 - Selon le dernier rapport concernant l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola, la République démocratique du Congo (RDC) a enregistré en pratiquement un an « 1954 cas cumulés dont 1 860 confirmés et 94 probables ».

« Au total, il y a eu 1 312 décès (1 218 confirmés et 94 probables) et 521 personnes guéries » a également annoncé le ministère de la Santé du pays.

Ce dernier fait par ailleurs état des violences dont ont été victimes les soignants qui participent à la riposte. Ainsi, depuis le 1er aout dernier, les autorités congolaises ont recensé 170 attaques et cinq morts.

Le transfert de compétences aux Congolais n’éradique pas les attaques

Dernier épisode en date, l’assassinat, la semaine dernière, d'un agent congolais d'une équipe de prévention attaqué, chez lui, par des villageois.

« Une partie de la population du village de Vusahiro, dans la zone de santé de Mabalako (Nord-Kivu), s’est soulevée et a attaqué l’équipe locale de la riposte contre Ebola », renseigne le bulletin du ministère de la Santé. « Un hygiéniste de l’équipe de prévention et contrôle des infections est décédé des suites de ses blessures lors de son transfert vers l’hôpital ».

Cet événement tragique interrogera peut-être sur la pertinence de la stratégie qui consiste à confier la lutte contre la maladie aux populations locales afin de diminuer les contestations.

Ainsi, les équipes congolaises engagées dans la réponse à Ebola payent un lourd tribut : « on le voit chaque jour. On transfère des compétences à du personnel local, mais ce personnel rentre ensuite chez lui le soir et est potentiellement exposé aux risques d'attaques. Alors quand certains disent que tout ce qu'on a à faire pour vaincre Ebola c'est de transférer les compétences au niveau local qu'ensuite tout ira bien, et bien non, ça n'est pas vrai. C'est un vrai problème. Quand on transfère des compétences, on transfère aussi des risques. Et il faut s'assurer que le personnel local reçoive la meilleure protection possible » explique Michael Ryan, le directeur des opérations d'urgence de l'OMS.

Timide lueur d’espoir néanmoins, après un regain de flambée ces dernières semaines la transmission semble ralentir à Katwa et Butembo, épicentre de l’épidémie.

Xavier Bataille

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