Ebola : deux nouveaux cas dont un mortel en Ouganda

Kampala, le jeudi 4 juin 2019 – Les pires craintes paraissent se réaliser. Vingt-quatre heures seulement après la découverte du premier cas de fièvre hémorragique à virus Ebola en Ouganda, on recense désormais, dans ce pays, trois cas confirmés biologiquement dont deux mortels.

Ainsi, le premier patient répertorié, un petit garçon de 5 ans de mère congolaise et de père ougandais et vivant dans la ville frontalière de Kasese est décédé. Son frère âgé de 3 ans et sa grand-mère de 50 ans, qui a aussi succombé à la maladie, ont été tous deux contaminés.

Après ces drames, tous les membres de la famille présents sur le territoire ougandais et identifiés comme s’étant rendus les semaines passées au chevet puis aux obsèques d’un aïeul atteint d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ont été placés dans un « service de quarantaine » au centre hospitalier de Kasese. 

En outre, le ministère de la santé ougandais a donné des précisions sur le cas de l’enfant de 5 ans qui avait été hospitalisé à Kagando (district de Kasese) à son retour de RDC après avoir commencé « à se sentir mal » alors qu’il traversait la frontière. Ses symptômes incluaient maux de tête, diarrhées et vomissements sanglants et douleurs abdominales.

Le stigmate d’une riposte difficile

Ces évènements mettent également en lumière, une fois encore, les difficiles conditions dans lesquelles est mise en œuvre la riposte contre l’épidémie en RDC, marquée notamment par de nombreuses attaques perpétrées contre des centres de traitement.

Ainsi, repérée comme à risque pour avoir côtoyé un patient atteint, la famille avait été placée en isolement, mais certains de ses membres se sont échappés et ont traversé la frontière a expliqué à l'AFP (Agence France Presse) le ministre congolais de la Santé Oly Ilunga Kalenga. « Dès qu'ils ont traversé, nous avons contacté les autorités ougandaises » assure-t-il. 

Les autorités des deux états doivent ainsi dans le cadre de la lutte contre Ebola faire face au défi d'une frontière poreuse franchie par de très nombreuses personnes venues faire du commerce ou chercher un avenir meilleur dans un pays plus riche et davantage sécurisé.

Vous avez demandé les urgences de l’OMS, ne quittez pas

Les autorités ougandaises, qui poursuivent leurs investigations pour retrouver tous les cas contacts de la famille en ont d’ores et déjà identifié huit. « Les autorités vont vacciner ces huit contacts, et les contacts des contacts, ainsi que s'assurer que tous les professionnels de la santé dans le district sont vaccinés » a promis le ministère.

Dans ce contexte, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) organisera demain une réunion de son comité d'urgence « pour déterminer si l'épidémie constitue une urgence de santé publique de portée internationale et quelles recommandations devraient être formulées pour la gérer ».

En effet, même si certains pourraient juger ce choix contestable, l'OMS n'a pour l’heure déclenché aucune de ses « procédures d'urgence », la flambée, qui a causé la mort de plus de 1 300 personnes, étant restée confinée à la RDC.

Reste à savoir si le diagnostic d’un seul patient, aux États-Unis ou en Europe, n’aurait pas entrainé, à lui seul, le déclenchement d’une « procédure d’urgence internationale ». Peut-être que le spectre d’une contamination d’un touriste venue admirer la faune et la flore du parc Queen Elizabeth II, dans lequel se trouve la ville de Kasese, permettra-t-il de réveiller les consciences.

Frédéric Haroche

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