Ebola en RDC : entre le marteau et l’enclume

Kinshasa, le jeudi 16 août 2018 – De retour d’une visite en République Démocratique du Congo (RDC),  en proie à la dixième épidémie de maladie d' Ebola de son histoire, le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus a considéré que la situation était encore plus préoccupante que ce qu’il imaginait.

Cette inquiétude s’explique d’une part par la proportion élevée d’enfants et de femmes touchée et d’autre part par la région concernée, le nord Kivu, déjà sous la menace d’une multitude de groupes armés.  

« L’insécurité est certainement l’aspect le plus inquiétant que nous devons gérer dans cette crise » souligne ainsi le docteur Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique qui fait également part des difficultés à avertir les groupes rebelles des risques qu’ils encourent eux-mêmes en entravant le travail des soignants…

 « Nous sommes entre le marteau et l’enclume » résume aussi, à l’Agence France Presse, Pascal Lukula un cultivateur de la région.

57 cas, 41 décès

Le 13 août, l’OMS a publié un nouveau point épidémiologique : « à la date du 13 août, il y a un total de 41 décès dont 14 chez les cas confirmés biologiquement ».

« Au total 57 cas de fièvre hémorragique ont été signalés dans la région » a quand à lui annoncé le ministère congolais de la Santé, qui parle de « 30 cas confirmés et 27 probables » dont sept professionnels de santé.


En outre, pour la première fois depuis le début de cette flambée,  le 1er août, un décès a été enregistré en dehors de la province du Nord Kivu, en Ituri.

Mab114

Outre les mesures habituelles, comme la mise en place de réservoirs d’eau chlorée dans les villes et la création de barrage sanitaire filtrant les entrées et les sorties des zones où des cas ont été recensés les équipes médicales expérimentent le Mab114, un anticorps monoclonal, encore jamais utilisé chez l’homme, mais, qui, selon l’OMS aurait été  administrée à cinq personnes avec succès.

Concernant la vaccination, plus de 600 contacts ont d’ores et déjà été identifiés et 216 personnes ont été immunisées.


Notons pour finir, que l’OMS estime que les risques de propagation internationale demeurent  faibles malgré les craintes de la Croix-Rouge qui souligne quand à elle que les nombreux déplacements de populations que connait la région au gré des vagues de violences « compliquent énormément la recherche et le suivi des personnes infectées »…

F.H.

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