Ebola : les soignants se désespèrent

Kinshasa, le vendredi 17 mai 2019 - Une nouvelle attaque d’un centre de traitement d’Ebola a été déplorée dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 mai à Katwa, dans l’est de la république démocratique du Congo (RDC), épicentre de l’épidémie de fièvre hémorragique. Ce nouvel incident (qui a causé la mort d’un assaillant) est à ajouter à une longue liste et intervient dans un contexte de dégradation des conditions de travail des soignants depuis le début de l’année. Quelques heures plus tard le ministère de la santé égrenait : « depuis le début de l’épidémie, le cumul des cas est de 1 680, dont 1 592 confirmés et 88 probables. Au total, il y a eu 1 117 décès (1 029 confirmés et 88 probables) et 450 personnes guéries ».

« Délire total »

Dans ces circonstances, le chef de la mission de l’ONU au Congo, Leïla Zerrougui est montée au créneau pour dénoncer le « délire total » de ceux qui s’opposent aux acteurs de la riposte sur la base de rumeurs, qui après avoir été un temps contenues semblent désormais contaminer la majorité des esprits de la région.

« Nous sommes ici pour travailler avec les autorités, mais nous sommes aussi ici pour dire aux populations que c’est insensé de s’attaquer aux soignants » a ajouté la responsable onusienne en déplacement à Butembo. De son côté l’OMS a dénoncé la «manipulation politique » de responsables locaux, visant à créer un sentiment d’hostilité contre ceux qui luttent contre le virus.

Un réquisitoire partagé par le ministre de la santé congolais, le docteur Oly Ilunga : « à Butembo, nous étions optimistes après des discussions avec le patronat, la jeunesse, etc. Mais, les acteurs politiques, qui ont instrumentalisé la maladie, ont contribué à la désinformation de la population qui en paie le prix fort » dénonce-t-il cité par le journal Le Monde.

« Hors de contrôle »

John Johnson, infirmier coordinateur chez MSF (Médecins sans frontières) détaille la teneur de ces fausses nouvelles, au quotidien Libération : « beaucoup de rumeurs circulent : qu’Ebola est un virus importé, que c’est nous qui le donnons aux gens, que nous sommes là pour faire du business et accumuler des profits, que nous volons des corps, des organes ». Or, cette désinformation se traduit par un déni de la maladie, un refus de la prévention et des soins.

Aujourd’hui, la situation apparaît à ce point dégradée que le président de l’International Rescue Committee, David Miliband a déclaré au Guardian que l’épidémie était désormais hors de contrôle.

Frédéric Haroche

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