Eczéma de l'enfant, un effet secondaire à ne pas négliger

La dermatite atopique, forme la plus courante d'eczéma, affecte 10 à 20 % de la population pédiatrique d'Europe, provoquant démangeaisons, peau rouge, sèche et gercée. Il s'agit d'une atteinte chronique qui survient le plus souvent chez des sujets allergiques et les manifestations asthmatiques ou allergiques de la sphère ORL (rhume des foins) concomitantes ne sont pas rares. Outre ces symptômes, les sujets atteints souffrent souvent également d'insomnie, d'anxiété et de stress psychosocial. Mais cela ne s'arrêta pas là.

Une équipe d'investigateurs de Macédoine a évalué l'impact d'un diagnostic de dermatite atopique sur les familles de 35 enfants âgés de 1 à 6 ans. Au total, 83 membres de la famille et personnes s'occupant des enfants ont été évalués via l'échelle de Hamilton pour la dépression (HDRS) et l'échelle de Hamilton pour l'anxiété (HAM-A). En complément de ces deux outils bien validés, les investigateurs ont demandé aux participants quelles étaient leurs plus grandes préoccupations.

Il a été rapporté à Madrid que tous les répondants avaient au moins une anxiété de gravité légère (score HAM-A moyen 12,9, extrêmes 6,7 à 20) dont quelques-uns avec une gravité modérée (score HAM-A compris entre 17 et 20). De plus, près de 3 participants sur 4 (74 %) présentaient également un certain degré de  dépression. Enfin, la préoccupation la plus fréquemment rapportée était la nature chronique et complexe de la maladie elle-même et les conséquences thérapeutiques qui s'en suivaient.

Il a été signalé que les scores de dépression et d'anxiété étaient associés à la chronicité et à la persistance de la dermatite atopique, mais pas à sa gravité (pas d'augmentation des scores HDRS et HAM-A parallèlement à la gravité).  

"La chronicité et la complexité de la dermatite atopique conduisent souvent à une anxiété et à une dépression qui sont négligées chez les membres de la famille et les aidants naturels. Nos résultats montrent par leur ampleur que nous devons en tenir compte. Il nous faut avoir une vision plus globale de la situation et la prise en charge de la dermatite atopique ne doit pas se limiter aux patients, elle doit englober la famille et les proches qui s'occupent des enfants." a déclaré l'investigatrice principale de ce travail.

Dr Jean-Claude Lemaire

Référence
Grivcheva-Panovska V et coll. : Anxiety and depression in family members and caregivers of pre-school children with atopic dermatitis. 28e congrès de l’European academy of dermatology and venereology/EADV (Madrid) : 9-13 octobre 2019.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article