Effet du traitement antirétroviral sur le risque de syndrome métabolique au cours des infections par le VIH

Le syndrome métabolique est associé à une augmentation significative du risque de maladie cardiovasculaire (MCV) et de diabète de type 2 (DT2). Sa réputation n’est plus à faire, même si ses définitions ne font pas l’unanimité. Quel est l’impact du traitement antirétroviral utilisé dans les infections par le VIH sur le syndrome métabolique et ses conséquences notamment cardiovasculaires? Il faut se souvenir que les trithérapies actuellement utilisées ont un certain nombre d’effets indésirables, notamment les lipodystrophies, à type de diminution de la graisse périphérique, de dyslipidémies, et d’augmentation de la graisse viscérale. En général, chez les malades infectés par le VIH et ainsi traités, la prévalence de l’hypertension artérielle et de la morbidité cardiovasculaire est nettement augmentée.
Une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 881 patients atteints d’une telle infection, permet d’en savoir plus. Dans tous les cas, a été mis en route un traitement antirétroviral et le suivi a été de 3 ans. Le syndrome métabolique a été défini avec les critères du NCEP-ATP- III (National Cholesterol Education Program Expert Panel on Detection, Evaluation, and Treatment of High Blood Cholesterol) ou encore de l’IDF (International Diabetes Federation).

La prévalence de ce syndrome à l’état basal, avant tout traitement antiviral, a été estimée à respectivement  8,5 % et 7,8 % (ATP-III et IDF). Au cours du suivi, chez 234 patients (12/100 patients-années) (ATP-III) et 178 patients (8/100 patients-années) (IDF), est apparu un syndrome métabolique. 
A l’état basal, l’existence d’un syndrome métabolique a été associé de façon plus ou moins significative à une augmentation du risque de MCV (respectivement, p=0,095 et p=0,058, en fonction des définitions) et de DT2 (RR=4,34 et RR=3,33, p=0,001 et p=0,009). La survenue d’un tel syndrome en cours de traitement a été également associée à une augmentation nettement plus significative du risque de MCV (RR=2,73 et RR=3,05), p=0,036 et p<0,0001) et de DT2 (RR=4,89 et RR=4,84, p<0,0001 avec les deux définitions).

Dans les trois années qui suivent la mise en route d’un traitement antirétroviral, la survenue d’un syndrome métabolique semble ne pas être exceptionnelle. Les risques en termes de maladie cardiovasculaire et de diabète de type 2 sont évidents, de sorte qu’une démarche préventive s’impose clairement, dès le début de ce traitement. La prévention doit prendre en compte l’ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire qui figurent dans les définitions du syndrome métabolique.

Dr Philippe Tellier

Référence
Wand H et coll. : Metabolic syndrome, cardiovascular disease and type 2 diabetes mellitus after initiation of antiretroviral therapy in HIV infection. AIDS. 2007 ; 21 : 2445-53.

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Vos réactions (1)

  • "Effet du traitement antirétroviral sur le risque de syndrome métabolique au cours des infections par le VIH"

    Le 13 décembre 2007

    Quand un malade ne supporte aucun des antiretroviraux (cas reel dans notre service), qu'elle alternative peut on proposer ?

    Samira Bestaoui

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