Emmanuel Macron pourrait annoncer la suspension des fermetures d’hôpitaux

Paris, le mercredi 17 avril – La présidence de la République a laissé fuiter dans la presse le texte de l’allocution que devait prononcer Emmanuel Macron, lundi, et qu’il a reportée pour laisser place à une  courte période d’union nationale après l’incendie qui a gravement endommagé Notre Dame de Paris.
Ainsi, l’AFP (Agence France Presse) a indiqué qu’elle détenait une copie du texte présidentiel.

Parmi les différentes annonces qui devaient être faites aux Français, figurerait la suspension, jusqu’à la fin du quinquennat, des fermetures d’hôpitaux, de maternité et d’école, sauf sur demande (très hypothétique) d’une municipalité. Cette disposition s’inscrirait dans un « nouvel acte de notre décentralisation ».  

Emmanuel Macron souhaiterait ainsi répondre au sentiment de « beaucoup de nos concitoyens (…) que leur territoire est abandonné ».

« Je crois en l'État, qui en France a construit la Nation. Mais nous avons besoin sur tous les sujets du quotidien, de décider plus vite, plus simplement, plus clairement, au plus près de nos concitoyens (…) Je veux plus de fonctionnaires présents sur le terrain, avec davantage de responsabilités afin de prendre des décisions et d'apporter des solutions concrètes pour nos concitoyens, et moins de fonctionnaires à Paris pour écrire des normes ou créer des règles » devait-il également déclarer.

Concernant l’hypothétique suspension des fermetures de maternités, de nombreuses questions se posent. L’annonce pourrait-elle également concerner les établissements dont la fin d’activité est déjà actée ? Et surtout, comme garantir la sécurité des soins dans les maternités qui connaissent des problèmes chroniques d’effectifs médicaux ?

Soulignons que « l'Élysée ne confirme ni ne commente les fuites dans la presse au sujet de la sortie du grand débat national » a répété l’entourage du Président, ce qui pourrait signifier quelques changements d’orientation, en fonction notamment des réactions à ce ballon d'essai involontaire.  

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Enfumage ou mensonges

    Le 17 avril 2019

    Vous y croyez ?
    Le discours d’Agnès Buzyn sur la non fermeture d’hôpitaux est ancien, et il vient d'être repris par Macron dans les réunions du grand débat public, à l'ouest rien de nouveau !
    Pendant ce discours en apparence rassurant, les ARS ferment de nombreux services hospitaliers (en particulier des maternités).
    C'est ce qu'on peut appeler de l'enfumage, ou tout simplement des mensonges.

    Agnès Buzyn dans sa dernière intervention auprès de jeunes à propos des fermetures d’hôpitaux,  déclarait:
    « j’ai pris l’engagement de ne fermer aucun hôpital. En revanche, dans ma loi santé, il est prévu que ces hôpitaux locaux se transforment pour mieux assurer les soins du quotidien et devenir plus attractifs. Je ne peux pas maintenir toutes les activités médicales partout. Le problème, on l’a dit, c’est qu’il n’y a pas assez de médecins. Quand il y a une maternité qui ferme, ce n’est pas pour embêter les Français. Ce n’est absolument pas une question de déficit financier des hôpitaux, ce qui m’inquiète, c’est le déficit de médecins ! La sécurité de ces accouchements n’est pas assurée quand il n’y en a pas assez pour faire tourner une maternité. Si certains jours, aucun pédiatre, aucun obstétricien n’est là, comment fait-on si une femme enceinte a besoin d’une césarienne en urgence ?"

    Donc elle maintient  les fermetures de maternité, chirurgie, urgences, smur dans les hôpitaux de proximité et soit-disant "pour des raisons de sécurité et non d’économies", uniquement en raison du manque de médecins.

    On croit rêver, pour Agnès Buzyn, ces fermetures de services vont valoriser nos établissements: "ces hôpitaux locaux se transforment pour mieux assurer les soins du quotidien et devenir plus attractifs".

    Dr Jean Scheffer

  • Y a qu'a faut qu'on, et pourtant…

    Le 22 avril 2019

    Encore une reculade, pour une fois c'était une bonne idée! Bien sûr qu'il faut fermer les petits hôpitaux. Leur déficit financier et leur déficit d'activité est scandaleux. Ils sont soutenus à bout de bras depuis des années. Ils sont d'un autre siècle. Rien ne pourra les sauver, bâtiments disproportionnés, frais généraux excessifs, personnel administratif pléthorique, absentéisme record, conditions de recrutement des médecins misérables mais, par contre, emploi de mercenaires prohibitifs. Le mot d'un directeur: je ne peux quand même pas payer un médecin plus que je ne gagne! Cerise sur le gâteau, le pacte territoire santé marginalise les cliniques et permet aux CHU de vampiriser les petits hôpitaux. Il faut les raser et favoriser l'hospitalisations privée qui coûte beaucoup moins cher à acte identique et qui est beaucoup plus réactive. Pour cela, il faudrait lui en donner les moyens, en particulier inscrire à la nomenclature des actes qui sont réservés de facto aux hôpitaux publics. C'est le moment de libérer la médecine pour reprendre le terme du candidat-président qui voulait libérer l'économie. Les urgences surchargées? Responsabiliser les patients en supprimant le tiers payant généralisé, favoriser l'installation des médecins généralistes dans les régions sous-dotées en augmentant les honoraires de façon substantielle, ça sera beaucoup plus simple et efficace que toutes les incitations alambiquées, et bien sûr augmenter le numerus clausus (pas le supprimer, ce qui n'a aucun sens) raisonnablement pour éviter de retomber dans l'alternance déficit/excès de médecins. A ce sujet les politiques devraient être responsables de leurs actes pendant 30 ans comme les médecins.

    Il serait alors encore temps d'aller chercher M. Jupé et sa loi de 1995 (numerus clausus et redoutable MICA), géniteur des déserts médicaux. Il faudrait aussi une réflexion sur la place des urgentistes qui sont complètement déconnectés des services de spécialités.

    Autre chose, la télémédecine. J'avais appris que ce n'était pas bien du tout de poser un diagnostic voire de prescrire sans examiner les malades. Plus généralement, il serait bon d'insuffler dans la médecine un peu d'économie de marché et moins d'économie administrée: offre/demande (politique de l'offre de M. Hollande, je rigole), libre installation des médecins libéraux, libre concurrence entre les établissements, véritable information des patients (qui fait quoi?). Il faut sortir du dogme de la santé publique et "gratuite". Encore une chose, un véritable ministère de la santé indépendant de la famille, de la solidarité ou des retraites. Voilà, y a qu'a demander.

    Dr Pierre Moreau

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