En marche ?

Paris, le samedi 28 avril 2018 – La lutte contre la sédentarité est un objectif important de santé publique. De nombreuses stratégies sont déployées pour y concourir et notamment la promotion de la pratique du sport. Il n’est cependant pas nécessaire de se lancer à l’assaut des cours de tennis ou de se jeter à l’eau pour contrer les méfaits de la sédentarité : mettre un pied devant l’autre suffit. Mais comment inciter nos congénères à marcher ?

Comprendre ce qui marche

Beaucoup s’y essayent. Des applications plus ou moins connectées sont ainsi développées pour comptabiliser le nombre de pas : elles ont su séduire les férus d’auto-mesure. D’autres, comme certaines compagnies d’assurance, proposent de valoriser les marcheurs. Dépasser un certain nombre de pas pourrait donner droit à des bonus : des idées qui n’ont pas toujours été appréciées par ceux qui redoutent une trop grande entremise des mutuelles dans nos vies privées. Derek Christie, chercheur au sein du laboratoire de sociologie urbaine de l’Ecole polytechnique francophone de Lausanne, a opté pour le chemin de la connaissance. Mieux identifier les motivations des marcheurs et leurs stratégies pourrait permettre de développer des méthodes efficaces pour promouvoir cette activité est l’hypothèse centrale de ses travaux.
Aussi, le chercheur a-t-il accompagné 74 personnes cumulant les 10 000 pas par jour. Une partie a été équipée de capteurs (non connectés à internet), d’autres (équipés ou non) ont participé à des entretiens semi-directifs, quand certains enfin ont accepté en outre de réaliser des examens médicaux (dans le cadre d’une étude ultérieure sur les liens entre marche et différents paramètres biologiques).

La révolution de la marche ?

Ces investigations mettent tout d'abord en évidence la fréquence d'un événement déclencheur pour transformer les sédentaires en marcheurs : problème de santé, décision de perdre du poids ou plus simplement acquisition d'un podomètre. Une fois passée une période de conversion, la pratique s'installe. Si tromper la routine en modifiant son parcours entre l'aller et le retour peut favoriser l'assiduité, les aléas de la météo n'ont que peu d’influence. Plus dissuasifs peuvent être le manque de trottoirs, la pollution ou l'exposition au bruit. La présence d'espaces verts pourrait être favorable à la marche, mais pas de façon "décisive" relève l'EPFL qui relaie les résultats de cette thèse. Cette dernière informe également sur l'état d'esprit des marcheurs. Considérant plus certainement la marche comme une activité concourant à leur bien-être plutôt qu'à leur bonne santé, reposant simplement sur le plaisir de se balader, les pèlerins du quotidien envisagent cette pratique comme principalement solitaire. Ils ne se montrent donc guère enclins à approuver l'idée de communautés de marcheurs qui auraient un rôle d’entraînement. Cela n'empêche pas Derek Christie de demeurer convaincu qu'une meilleure connaissance de ceux qui marchent pourrait permettre de faire bouger le monde.

Aurélie Haroche

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