Entorse de la cheville : mieux vaut prévenir...

L'entorse de la cheville est un des traumatismes les plus fréquents en médecine du sport, le complexe ligamentaire externe étant le plus vulnérable, surtout au niveau du ligament péronéo-astragalien antérieur. Mais peut-on déceler des facteurs de risque, outre un accident antérieur ? L'enjeu est de taille, car il permettrait non seulement de réduire la fréquence de cet accident, mais aussi celle du redoutable syndrome d'instabilité consécutif à une première entorse, sans compter les bénéfices qu'en tireraient les sportifs professionnels. Il fallait donc une étude prospective pour répondre à cette gageure, étude réalisée par Tine Marieke Willems et l'équipe du département des Sciences du Sport et du Mouvement de l'université de Gand (Belgique) qui ont suivi durant 1 à 3 ans, dès leur inscription dans cette même université, 241 étudiants en éducation physique, tous de sexe masculin.

Ils ont tous bénéficié d'un examen complet des deux chevilles, comportant une analyse des forces d'inversion et d'éversion excentriques et concentriques en isométrique, de la proprioception active et passive de ces articulations et de contrôles posturaux yeux fermés et ouverts sur sol ferme ou instable. Ils ont aussi réalisé des test plus élaborés portant sur la rapidité de récupération après contrainte mécanique, l'alignement du membre inférieur après flexion plantaire et dorsiflexion, l'inversion et l'éversion du ligament sous-péronéen et du tibio-crural, l'extension et la flexion du ligament métatarsophalagien de l'hallux, l'exo- et l'endorotation de la hanche et du calcanéum.

Quarante-quatre d'entre eux ont présenté une entorse par inversion de la cheville (dont 26 au cours de la première année). Ils ont été comparés à un groupe contrôle de sujets qui n'avaient subi aucun traumatisme du membre inférieur durant la même période. De tous les paramètres enregistrés, ce sont une vitesse de course moindre, des capacités cardiorespiratoires inférieures, une force et une mobilité à la dorsiflexion abaissées, une coordination moins efficace, et une réaction moins rapide des muscles concernés à une sollicitation extrême qui définissent le plus gros risque d'entorse, et ce, de manière significative pour chacun des items abordés.

Ceci fait dire à l'équipe gantoise que tout sportif professionnel devrait bénéficier de ce type d'examen préventif afin de mettre « sur pied » un programme de rééducation préventive destiné à pallier ces « manques ». Reste encore à déterminer les seuils à partir desquels ces programmes devraient être développés.

Dr Dominique-Jean Bouilliez


Willems T et coll. : "Intrinsic Risk Factors for Inversion Ankle Sprains in Male Subjects. A Prospective Study". The American Journal of Sports Medicine 2005 ; 33 : 415-23. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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