Équité en santé : yes we can ?

Souci majeur de l’OMS, l’équité en santé a été mise en avant par le comité régional européen lors de sa 69ème session, récemment organisée par le Danemark. Si le programme Santé 2020, cadre européen des politiques de santé, prône l’amélioration des résultats sanitaires ou la réduction des inégalités, et si l’Europe est leader en ce qui concerne la résistance des réfugiés ou l’antibio-résistance, certains domaines méritent davantage d’efforts.

Des cicatrices dans nos sociétés

C’est le cas pour le tabac, l’alcool (malgré la baisse notable de consommation en Russie), le surpoids, la vaccination et le reste à charge pour les patients. Le directeur général de l’OMS, Tédros Adhanom Ghebreysus, a insisté sur l’intérêt de prévenir plutôt que d’avoir à traiter les conséquences de ces manquements. Il a également rappelé que l’information est un levier pour les déterminants comportementaux afin que chacun décide en connaissance de cause : il faut « encourager une culture de la curiosité » et l’acquisition de connaissances basées sur des données factuelles.

Cependant, en dépit de ces ambitieuses orientations, les inégalités sociales continuent à créer les inégalités de santé.

Ainsi, la directrice régionale (jusqu’à cette 69ème session car Zsuzsanna Jakab est désormais directrice adjointe de l’OMS), tout en saluant les premiers impacts de Santé 2020 (espérance de vie de 83,1 ans, recul de la mortalité maternelle, infantile etc.) a prévenu son successeur, le belge Hans Kluge : l’équité est le plus grand défi car les inégalités de santé laissent « des cicatrices dans nos sociétés ».

Déclaration aux Nations-unies

Cinq facteurs clés empêchent de profiter d’une bonne santé : absence d’accès à des soins de qualité, activité professionnelle faiblement rémunérée, logements et quartiers de mauvaise qualité, perte de confiance et d’appartenance sociale, chômage et conditions de travail non décentes.

Pour atténuer la portée de ces freins, la collaboration entre le médical et le social, l’échange d’information sont des pivots indispensables mais la couverture sanitaire universelle (CSU) est pour l’OMS la clé de voûte de ce défi, d’autant plus que les coûts des soins ne cessent de progresser et que l’augmentation des prix des médicaments inquiète notamment les experts. Dans ce cadre, quel impact aura la déclaration politique en faveur de la CSU faite aux Nations unies le 23 septembre par les dirigeants mondiaux ? L’observation des situations locales offre des enseignements contrastés pour répondre à cette question. Ainsi, alors qu’en France on continue à interroger l’AME (même si les études montrent que les traitements tardifs coûtent bien plus cher que la prise en charge précoce), la Slovénie poursuit sa tradition d’équité en santé, datant d’il y a un siècle, et fait figure d’exemple en favorisant l’accès aux médicaments.

La CSU : une avancée politiquement réalisable, économiquement viable et plébiscitée par les populations… selon l’OMS. Il ne manque que le courage ?

Dr Blandine Esquerre

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