Et si la CNAM récompensait la baisse des dépassements d’honoraires ?

Paris, le mardi 9 juillet 2019 - La Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) a communiqué aux syndicats de médecins libéraux ses dernières données sur les taux de dépassement d'honoraires en secteur 2.

En 2018, en moyenne, il est de 48,4 % contre 50,3 % en 2017. En outre, la CNAM note que, en six ans, le taux de dépassement d’honoraires moyen a diminué de 7 % en valeur absolue, puisqu’il était de 55,4 % en 2012 et qu’il s’établit à 48,5 % au premier trimestre 2019.

Dans le détail des spécialités, on constate une diminution importante chez les gynécologues-obstétriciens (61,3 % contre 67,1 % en 2017, les dermatologues (- 3,4 points), les endocrinologues (- 6,6 points), les neurologues (- 2,4 points), les psychiatres (- 6,5 points) et les pédiatres (- 4,7 points).
De l’autre côté du spectre, certaines spécialités voient leurs dépassements légèrement augmenter : en anesthésie (+ 0,1 point), en ophtalmologie (+ 0,8 point) et en radiologie (+ 0,6 point).

Par ailleurs, le taux de dépassement 2018 des adhérents à l’OPTAM (Option de pratique tarifaire maîtrisée) est en baisse (27,9 % contre 29,3 % en 2017) et ses effectifs au 31 décembre 2018 étaient supérieurs à ceux de fin 2017 (13 319 contre 12 148).

Une bonne raison d’arrêter de taper sur les médecins !

Pour le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), interrogé par nos confrères de « What’s up doc » : « On voit que les taux de dépassement sont très faibles et globalement bas lorsque les tarifs sont relativement corrects dans la grille des tarifs conventionnels. À l’inverse, lorsque la CNAM a des tarifs conventionnels qui sont bas, voire même lorsqu’elle les baisse, le taux de dépassement a tendance à être plus élevé ou à augmenter. C’est notamment le cas pour les radiologues (NDLR : + 0,6 points). »

Le Dr Ortiz en conclut : « la Cnam n’arrête pas de taper sur les tarifs des radiologues. Conséquence ? C’est l’une des rares spécialités qui a vu son taux de dépassement discrètement augmenter. Certes, ce n’est pas beaucoup, c’est très marginal, mais cela a un tout petit peu augmenté, alors que partout ailleurs, cela a baissé. Donc, quand les tarifs conventionnels sont meilleurs pour le patient, le médecin ou le chirurgien ont un taux de dépassement plus bas. »

CQFD.

Xavier Bataille

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