Evaluer le risque cardiovasculaire à la force du poignet

La mesure de la force de préhension figure déjà dans les d’outils d’évaluation de la fragilité. Mais certains travaux ont suggéré qu’elle serait aussi un élément prédictif de plusieurs pathologies, voire de la mortalité. La force de préhension pourrait alors figurer dans un score de risque au même titre que le diabète, le tabac ou l’IMC (indice de masse corporelle).

Pour le préciser, une équipe du Royaume Uni a mené une étude prospective à partir des données de plus de 500 mille individus âgés de 40 à 69 ans. Leur force musculaire était renseignée, parmi d’autres paramètres comme les facteurs de risque cardiovasculaire, l’activité physique, le mode d’alimentation, etc. Pour la force de préhension, les patients étaient répartis en sous-groupes, pour chaque augmentation de 5 kgs de la force.

L’analyse des données montre que les patients appartenant au groupe ayant la plus faible valeur de force de préhension ont aussi globalement un IMC plus élevé, une plus grande sédentarité, mangent moins de fruits et légumes, boivent moins d’alcool, mais le tabagisme est plus fréquent dans ce groupe ainsi que la dépression.

Amélioration des performances prédictives des scores de risque

Au cours d’un suivi moyen de 7 ans, 2,7 % des personnes incluses dans la cohorte sont décédées. Il apparaît une association entre le risque de mortalité toutes causes et de mortalité par maladie cardiovasculaire, insuffisance respiratoire chronique, cancer colorectal, cancer pulmonaire, cancer du sein et chaque baisse de 5 kg de la force de préhension. Concrètement, une « faiblesse musculaire », définie par une force de préhension inférieure à 26 kg chez les hommes et 16 kg chez les femmes, est associée à une augmentation du risque de ces pathologies, sauf le cancer du côlon chez la femme, de la prostate chez l’homme et celui du poumon chez la femme et l’homme.

Quant à l’intérêt d’associer la force de préhension à d’autres paramètres pour constituer un score de risque, il semble que ce soit une hypothèse intéressante puisque les auteurs observent que cet item améliore la prédiction d’un score de risque associant l’âge, le sexe, la présence d’un diabète, l’IMC, la pression systolique et le tabac, pour la mortalité toute cause, la mortalité de cause cardiovasculaire et l’incidence d’une pathologie cardiovasculaire. La magnitude de l’amélioration du score que procure l’ajout de la mesure de la force de préhension est la même que celle constatée quant on ajoute le HDL-cholestérol et le NT-pro BNP.

Dr Roseline Péluchon

Références
Celis-Morales CA et coll. : Associations of grip strength with cardiovascular, respiratory, and cancer outcomes and all cause mortality: prospective cohort study of half a million UK Biobank participants. BMJ 2018;361:k1651

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Vos réactions (2)

  • Mauvaise nouvelle

    Le 15 mai 2018

    Il paraît que ce test a été réalisé par Trump lors de sa dernière visite à l’ Élysée : d’après notre président il aurait toutes les chances de faire un centenaire...

    Dr H

  • Une précision demandée

    Le 15 mai 2018

    Comment mesurer la force de préhension, avec quel outil ?

    Dr René Migeon

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