Evolution des psychoses en fonction du sexe, des différences d’un autre genre

Il est généralement admis que l’évolution des troubles psychotiques au long cours est « moins bonne chez les hommes que chez les femmes. »

Portant sur 569 sujets (âgés de 14 à 35 ans au départ de l’étude) dans un service d’intervention précoce pour la psychose (PEPP-Montreal : Prevention and Early Intervention Program), une enquête réalisée au Canada vise à déterminer si, dans l’évolution des psychoses, ces différences en fonction du sexe persistent chez les patients ayant bénéficié d’une prise en charge précoce ou si d’autres facteurs que le sexe sont aussi impliqués.

Les auteurs constatent que, comparativement aux femmes, les hommes déclarent posséder un « niveau d’instruction moins élevé », être restés plus longtemps sans traitement, avoir des antécédents plus fréquents d’abus ou/et de dépendance à une substance, des symptômes négatifs plus marqués (comme les troubles déficitaires dans la schizophrénie), et un fonctionnement social et professionnel plus médiocre.

Disparité des facteurs de risque

Cette étude confirme le postulat initial, selon lequel les femmes ont plus de chances que les hommes  d’avoir une rémission des symptômes psychotiques après deux ans de traitement (Odds Ratio = 1,79 ; intervalle de confiance à 95 % [1,08–2,98] ). Si les femmes sont également plus susceptibles que les hommes d’afficher un bon fonctionnement après un an de traitement, cet avantage ne perdure toutefois pas après deux années.  Et surtout, tous ces résultats ne persistent pas après contrôle des données pour d’éventuels facteurs confondants, notamment le fonctionnement prémorbide dans l’enfance et l’âge d’apparition de la psychose.

Les résultats de cette étude se révèlent donc mitigés. Certes, une stratégie d’intervention précoce peut optimiser les chances de rémission et contribuer ainsi à l’amélioration du fonctionnement social et/ou professionnel. Mais, d’un autre côté, il est probable que les différences d’évolution observées entre les sexes (et apparemment imputables à ce critère de genre) sont en fait largement influencées par la disparité des autres facteurs de risque existant entre les deux sexes.

Dr Alain Cohen

Référence
Dama M et coll.: Sex differences in clinical and functional outcomes among patients treated in an Early Intervention Service for psychotic disorders: An observational study. Canadian J Psy ; 2019 ; 64(10) : 708–717.

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