Evolution du Gougerot-Sjögren : le dysfonctionnement des glandes salivaires s’aggrave, irrémédiablement

Parmi les manifestations cliniques du syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS), le dysfonctionnement des glandes salivaires est indéniablement la plus caractéristique. La progression de celui-ci est imparfaitement connue.

Une étude de cohorte prospective a inclus 60 patients atteints de cette maladie auto-immune. Des prélèvements salivaires ont été effectués au niveau des glandes parotides, sous-maxillaires et sublinguales à l’état basal, puis au terme d’un suivi moyen de 3,6 années. La sécrétion salivaire a été ainsi mesurée dans sa globalité, mais aussi sélectivement, après stimulation physiologique.

Dans les formes débutantes ou récentes du SGS, les débits salivaires après stimulation se sont avérés significativement plus élevés (p<0,05) que dans les formes plus anciennes. Par rapport à des sujets témoins, la diminution de la fonction salivaire à l’état basal a été plus marquée au niveau des sous-maxillaires et des sublinguales qu’au niveau des parotides (p<0,05). Au fil du temps, la diminution de la sécrétion salivaire après stimulation s’est accentuée, tout particulièrement au niveau des parotides, tandis qu’apparaissaient des problèmes de déglutition concernant les aliments à faible teneur hydrique. Cette évolution s’est avérée indépendante des traitements reçus, qu’il s’agisse des corticoïdes ou d’autres médicaments utilisés en traitement de fond.

Les formes même précoces du SGS se caractérisent par une altération de la fonction salivaire qui va en s’accentuant au fil du temps, quelles que soient les modalités thérapeutiques. Les troubles sont particulièrement marqués dans les formes qui évoluent depuis plus longtemps, comme il se doit.

Dr Philippe Tellier

Références
Pijpe J et coll. : “Progression of salivary gland dysfunction in patients with Sjögren’s syndrome.” Ann Rheum Dis 2007; 66: 107-112.

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