Exclusif : Bayrou, deuxième homme chez les professionnels de santé

Paris, le mercredi 21 février 2007 – Quel regard les professionnels de santé portent-ils sur l’actuelle campagne électorale et vers quels candidats vont leurs préférences ? Ces questions sont aujourd’hui au cœur de plusieurs sondages politiques, tel celui proposé sur notre site du 8 au 19 février dernier qui offrait à nos visiteurs la possibilité de désigner le candidat pour qui ils voteraient au premier tour de l’élection présidentielle. Notre enquête aura rencontré un franc succès puisqu’elle a séduit 1 017 répondeurs, soit un échantillon plus large que ceux retenus par de précédents sondages réalisés depuis le début de l’année par les revues Abstract et Impact Medecine ou publié dans le Quotidien du Médecin du 8 février 2007 (501 médecins libéraux).


Bayrou : le deuxième homme…

Représentatif de notre lectorat qui comptait 101 000 inscrits en France en septembre 2006 et qui est composé pour l’essentiel de praticiens libéraux et hospitaliers mais aussi d’infirmières, de pharmaciens et de kinésithérapeutes (voir notre encadré), cette enquête laisse apparaître que Nicolas Sarkozy et François Bayrou font aujourd’hui la course en tête chez les professionnels de santé. Si le premier tour de l’élection présidentielle avait eu lieu entre le 8 et le 19 février, le candidat UMP aurait en effet, selon ce sondage, remporté les voix de 39 % de nos visiteurs professionnels de santé (soit 398 répondeurs), tandis que le candidat UDF aurait séduit 30 % des répondeurs (soit 301 personnes). Laissant la place de « troisième homme » à Ségolène Royal qui remporte 18 % des voix (187 répondeurs), François Bayrou représente ainsi la principale surprise de cette enquête. La désaffection qui touche Ségolène Royal est à l’image de celle que semble rencontrer l’ensemble de la gauche auprès de nos lecteurs (Olivier Besancenot, José Bové, Marie-Georges Buffet, Arlette Laguiller, Ségolène Royal et Dominique Voynet) qui ne suscite l’adhésion que de 23 % des répondeurs, quand le centre est la « seconde » force chez les professionnels de santé qui créditent son seul représentant (François Bayrou) de près de 30 % des suffrages. Dans cet échiquier électoral, quelque peu différent de celui de la population générale, la droite reste en en pole position avec près de 44 % des voix (Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers). Nos résultats se distinguent cependant de ceux obtenus par l’IFOP pour le Quotidien du médecin qui révélaient une droite forte de 52 % des voix. La présence dans notre lectorat de praticiens hospitaliers et de professionnels de santé non médecins explique peut être en partie cette différence, à moins que la progression de François Bayrou dans le cœur des professionnels de santé (et des Français) depuis la réalisation de l'enquête du Quotidien soit un élément déterminant d’explication.


… qui rattrape son retard par rapport à Nicolas Sarkozy

Cette percée du candidat de l’UDF apparaît nettement marquée lorsqu’on observe les résultats des différents sondages réalisés par la presse médicale au cours des six dernières semaines. Alors qu’il demeurait chez les spécialistes interrogés par CTPM-FR pour Abstract un quatrième homme (après Jean-Marie le Pen) crédité de seulement 5 % des voix à l’occasion d’une enquête réalisée entre le 4 et le 11 janvier, il dépassait déjà la candidate socialiste de 6 points mais restait loin des 46 % de Nicolas Sarkozy dans le sondage réalisé par l’IFOP pour le Quotidien du Médecin entre le 30 janvier et le 2 février auprès des généralistes. Quinze jours après cette seconde enquête, le JIM révèle que Bayrou n’est désormais plus distancé que de 9 points par le candidat UMP, quand l’écart était de 12 point dans l’enquête de l’IFOP. Notre sondage est sans doute aussi le reflet de la progression générale du candidat UDF auprès des Français, telle qu’elle est révélée par les derniers sondages « grands publics » qui le créditent désormais de 17 % d’intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle et le situent pour certains en tête au deuxième tour lors de duels contre Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal… s’il franchissait l’obstacle du premier.

L’ensemble de ces chiffres semblera cependant vain à ceux qui se souviendront que les sondages n’ont que rarement réussi à prédire l’issue d’une élection présidentielle à deux mois du scrutin. On se rappelle en effet qu’en 1988 et en 1995 au début du mois de janvier et jusqu’à la mi février, le « troisième » homme selon les enquêtes d’opinion était un certain Jacques Chirac, à qui était promis entre 17 et 20 % des intentions de vote.

 

Le clic trop volontaire pour être honnête ?

Les sondages du JIM doivent-ils s’intéresser à des sujets qui ne soient pas uniquement liés à la sphère médicale ? Cette question a souvent alimenté la polémique sur nos forums. Notre rédaction se plaît en effet parfois à abandonner ses terrains de prédilection pour s’essayer à la glose politique. Les mois fiévreux qui précédent les élections présidentielles offrent en effet aux journalistes médicaux que nous sommes la chance de nouer notre amour essentiel pour la médecine à notre contingente passion pour la politique. Pour justifier notre égarement, à l’instar de nos confrères de la presse médicale, nous nous appuyons sur des enquêtes d’opinion réalisées auprès des professionnels de santé. Mais si Abstract ou le Quotidien du Médecin ont recours aux services d’instituts « agréés », nous préférons utiliser les possibilités d’internet.

Le mode de recueil des données (sondage en ligne) doit-il remettre en cause la représentativité de nos résultats comme semblent le penser certains ? La similarité des chiffres obtenus par l’IFOP pour le Quotidien du Médecin (édition du  8 février) et ceux du JIM semble devoir témoigner en notre faveur. Quand notre sondage révèle en effet que les professionnels de santé ne sont que 18 % à accorder leurs voix à Ségolène Royale : les mêmes chiffres sont constatés par l’IFOP. De même, crédités de 4 % des voix des médecins par l’IFOP, Jean-Marie le Pen obtient sur notre portail 3 % d’intentions de vote. D’aucuns pourront cependant souligner que ces ressemblances sont le fruit d’heureux hasards et estimer que la non représentativité des sondages du JIM est liée en premier lieu au biais que représenterait l’accès à Internet. Dans une France où 90 % des médecins sont désormais connectés au web, cet argument ne semble plus devoir avoir cours. De même, celui selon lequel une telle enquête repose sur un volontariat inexistant pour d’autres méthodes de sondage ne semble guère plus opérant. Il ne paraît pas en effet inopportun de souligner ici que la disponibilité et la bienveillance des praticiens qui acceptent de répondre à une enquête téléphonique (méthode la plus couramment utilisée par les instituts de sondage) pourraient constituer un biais bien plus important, notamment parce qu’il exclut totalement tous les médecins réputés « injoignables », qui sont, par essence, ceux dont l’activité est la plus importante. Ainsi, l’obsolescence de l’argument qui concerne le caractère particulier d’internet, le caractère fragile de la critique du volontariat et les points de ressemblance entre notre sondage et ceux réalisés par des instituts réputés semblent conférer une légitimité certaine aux enquêtes du JIM.

Ces dernières sont réalisées auprès d’un échantillon de répondeurs, qui, bien qu'autodésignés, sont, selon nos analyses antérieures parfaitement représentatifs de l’ensemble de notre lectorat. Celui-ci était composé au 1er septembre 2006 de 79 500 praticiens, 16 800 infirmières, 3 600 pharmaciens et 1 300 kinésithérapeutes (en France) soit plus d’un tiers de la totalité des médecins. La similarité des réponses des visiteurs du JIM et de celles des médecins sélectionnés par l’IFOP, selon la méthode des quotas, est par ailleurs un argument en faveur de l'adéquation  du lectorat du JIM  et de la population des médecins dans son ensemble.

A.H.

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Vos réactions (1)

  • "Exclusif : Bayrou, deuxième homme chez les professionnels de santé"

    Le 22 février 2007

    Le problème est qu'aucun candidat n'a défini un programme cohérent vis-à-vis des professions de santé.
    Statut universitaire reconnu aux paramédicaux, en particulier Masseurs-Kinésithérapeutes, qui n'ont pas ainsi accès à la recherche ni au professorat.Niveau L.M.D. (licence, maîtrise, doctorat : en 6 ans).Réévaluation de la valeur de la lettre clef, des actes professionels : bloqué depuis 10 ans, sans augmentation d'un centime en kinésithérapie, et pas un centime de promis par aucun candidat pour l'avenir.
    Déplacement entre 2 et 4€, selon les traitements, en kinésithérapie.
    Alors que la consultation du médecin et son déplacement continuent à être réévalués en permanence.
    Quant à la sécu, aucun candidat n'ose en parler, afin de ne déranger personne.
    Alors tant mieux pour Mr. Bayrou, d'être le deuxième homme, tant mieux pour le JIM d'oser en parler.

    Félicitations, à tous...

    Jean-Pierre Missistrano

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