Facteurs pronostiques dans les lombalgies inflammatoires, l’objet de DESIR

Les spondylo-arthrites (Spa) ont un une évolution difficilement prévisible. Leurs manifestations  sont très hétérogènes pouvant aller de symptômes purement subjectifs tels que la douleur ou la fatigue à des processus inflammatoires objectifs articulaires, oculaires, cutanés, digestifs.

Une équipe Française a réalisé une étude dont l'objectif était de déterminer les facteurs de mauvais pronostic à 2 ans chez des sujets atteints de lombalgies inflammatoires.

Les données sont issues de la cohorte DESIR, cohorte Française sur le DEvenir des Spondylarthropathies Indifférenciées Récentes, regroupant des malades souffrant de douleurs rachidiennes inflammatoires possiblement en rapport avec une spondylarthrite ankylosante.

Au total, 513 malades ont été inclus dans l'analyse ; 72,2 % remplissaient les critères ASAS de spondylo-arthrite. Parmi eux, 130 (25,3 %) présentaient une évolution défavorable après 2 ans, définie par un BASFI (Bath Ankylosing Spondylitis Functional Index) plus élevé que le 75e centile de la cohorte, soit ans le cas présent, un BASFI augmenté de plus de 4 unités par rapport à l'entrée dans l'étude ou un BASFI > à 36.

Une femme de plus de 33 ans qui n’est pas allée à l’université et qui fume…

Un mauvais pronostic était fréquemment observé chez les sujets ayant plus de 33 ans au début de la maladie (p <0,0001), chez ceux ayant un niveau d'instruction plus bas que l’enseignement universitaire (p < 0,0001), chez les fumeurs (p < 0,001), chez les femmes (p < 0,008) et en cas de maladie active (BASDAI [Bath Ankylosing Spondylitis Disease Activity Index] > 45, p < 0,0001).

Les malades de remplissant pas les critères ASAS, ou ayant un HLA B27 négatif ou une IRM des sacro-iliaques normale ou une arthrite périphérique avaient plus souvent une mauvaise évolution à 2 ans (p < 0,05 pour tous).

En analyse multivariée, le fait à l'entrée dans l'étude, de ne pas remplir les critères ASAS, d'être une femme, d'avoir plus de 33 ans, d'avoir un niveau éducatif bas, de fumer et d'avoir une maladie active (BASDAI) était associé à un mauvais pronostic à 2 ans.

Cette étude met en évidence plusieurs facteurs de mauvais pronostic chez les malades souffrant de rachialgies inflammatoires. Curieusement, le fait de remplir les critères ASAS apparaît être de bon pronostic. Les auteurs estiment que cela est probablement dû à la qualité de la prise en charge thérapeutique bien mieux codifiée chez les patients ayant une maladie clairement identifiée.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références
Lukas C et coll. : Factors associated with a bad functional prognosis in early inflammatory back pain: results from the DESIR cohort. RMD Open. 2016; 2(1): e000204.
doi: 10.1136/rmdopen-2015-000204

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