Faut-il à tout prix gonfler son CV ?

Paris, le samedi 26 mai 2018 – "Publish or perish", c’est l’impératif fondamental auxquels sont désormais soumis les chercheurs du monde entier s’ils souhaitent grimper les échelons ou obtenir des financements. Cette injonction a conduit à la prolifération de revues prédatrices, dont le fonctionnement repose sur des méthodes frauduleuses. La collaboration à ce type de revues est spécifiquement destinée à pouvoir artificiellement gonfler son curriculum vitae. Cependant, l’effet pourrait se révéler contre-productif. « Ne devrait-on pas considérer que des articles de revue prédatrices sur un CV devraient avoir un impact négatif ? » s’interroge sur son blog le docteur Hervé Maisonneuve. D’autres experts partagent cette position.

Mais obsédés par la quantité plus que par la qualité, certains seront difficiles à convaincre. Ils pourraient néanmoins se sentir allégés en lisant les conclusions d’une étude publiée dans le Journal of Economic Psychology, également citée par Hervé Maisonneuve, qui a consisté à faire analyser par 378 professeurs d’économie de 44 universités différentes des CV artificiellement générés. Ces derniers étaient courts ou longs et dans ce dernier cas comportaient des séries de publications dans des revues de faible qualité. Les observations des enseignants permettent de conclure qu’un CV court est quasiment toujours préféré à un CV plus long. « Ajouter des publications provenant de revues de rang inférieur a une incidence négative sur les jugements », concluent encore les auteurs. Peut-être  une telle conclusion est-elle extrapolable à d’autres disciplines et notamment à la médecine. Elle offre la démonstration que même dans notre monde la qualité continue à primer sur la quantité.

M.P.

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