Faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé, une question résolument taboue !

Paris, le vendredi 19 octobre 2007 – Il est des mots que l’on ne peut prononcer impunément. « Transferts de compétences », « transferts de tâches » ou encore mais surtout « nouveaux métiers dans le domaine de la santé » sont ainsi des expressions dont il faut user avec la plus grande prudence. La Conseillère technique de la Direction de l’hospitalisation et de l’Organisation des soins (DHOS), Marie-Ange Coudray en a fait récemment la désagréable expérience.

Niveaux intermédiaires entre médecins et personnels paramédicaux

A l’occasion du Salon Infirmier, la revue Hôpitaux Magazines a consacré son numéro du quatrième trimestre à ces professionnelles, dont le malaise a été souvent sur le devant de la scène au cours de l’année écoulée. Alors que la question de la démographie des professionnels de santé est également un sujet brûlant d’actualité, la parole a été donnée à Marie-Ange Coudray. Cette dernière a exprimé dans une tribune intitulée « Pour soigner demain, une nouvelle répartition des activités et des compétences », des idées qu’elle nourrit depuis plusieurs années. « Faut-il revoir la répartition des activités entre métiers ? Et corollaire de cette question : faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé ? Ces questions se sont posées à de nombreux pays, dont plusieurs ont créé des nouveaux métiers », décrit-elle tout d’abord. Puis, la spécialiste de ces questions fait part de sa position : « La distance importante entre le niveau exigé pour les études médicales et celui des études des paramédicaux laisse envisager des niveaux intermédiaires, dans des domaines différents, qui permettraient de donner à des professionnels des compétences pour exercer des activités utiles aux personnes ».

Glissement des tâches

Attentif à tout ce qui pourrait de près ou de loin constituer une atteinte à la profession qu’il défend, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) aura fait une lecture particulièrement sévère des propositions de Marie-Ange Coudray. L’inquiétude du syndicat est notamment liée à la fonction de conseillère technique de la DHOS de cette dernière : l’organisation affirme en effet que les propos de la spécialiste ne sont pas moins qu’une « préparation » en douceur du gouvernement à des bouleversements profonds. Ainsi dans un article intitulé « Halte à la déqualification des soins », le syndicat affirme dans sa lettre datée du 17 octobre qu’il a eu la surprise de découvrir une tribune dans laquelle « le ministère nous prépare au glissement des tâches ». L’inquiétude des infirmiers paraît si vive qu’ils n’hésitent pas à considérer comme un avertissement ce qui n’est peut-être qu’une prise de position personnelle de la part de Marie-Ange Coudray. Cette réaction épidermique témoigne en tout état de cause que pour agir en la matière, le gouvernement devra sans relâche négocier avec les personnes qui connaissent le mieux la réalité du terrain.

A.H.

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Vos réactions (3)

  • "Faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé, une question résolument taboue ! "

    Le 19 octobre 2007

    C'est vrai qu'il faudrait créer de nouveaux métiers en rapport avec l'Hôpital avec des personnes qui viendraient à l'hôpital pour aider les infirmiers qui ont trop de travail et qui parfois n'en peuvent plus.

    Christine Jautée.

  • "Faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé, une question résolument taboue ! "

    Le 19 octobre 2007

    Cette position n'a rien de personnelle : l'article est signé "es qualité", et ne soyons pas naîf, aucun représentant d'une administration centrale ne peut signer un article de 3 pages sans relecture et aval du Cabinet ou de la Direction de la DHOS !

    SNPI CFE-CGC

  • "Faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé, une question résolument taboue ! "

    Le 20 octobre 2007

    L'habitude, hélas trop fréquente, de nos penseurs technocrates est d'envisager toujours l'avenir au travers d'un nivèlement par le bas.
    C'est ce que prévoit en fait cette brave dame... pour les médecins.
    Elle considère aussi qu'il y a un gouffre entre la profession médicale et celle d'infirmière.
    Au delà d'un dénigrement grave dans cet écart scriptuaire, il faut noter l'ignorance certaine de la profession de soignant non seulement au niveau de la formation mais aussi quand à sa formation tout au long de sa vie professionnelle.
    Les infirmières n'ont pas besoins d'aide mais les malades ont besoin de soins de qualité par des professionnels confirmés en nombre suffisant, médecins comme infirmières.
    Ne mettons pas la charrue avant les boeufs et mettons d'abord à plat notre système de santé en comblant déjà le déficit crucial en personnel soignant infirmier.
    En final, cette "bulle" n'est qu'une nième recherche technocratique pour baisser les coûts, quitte à sacrifier la qualité...pour les autres bien sûr mais pas pour soi.
    L'exemple type est la tentative de "socialiser" certains soins dévolus aux soignants comme la toilette et le suivi du traitement en les octroyant à des "auxiliaires de vie sociale" (anciennement appelées aides ménagères jusqu'en 1990)tout en les parant du titre de "diplôme d'état"... payé au smic.
    Il y a aussi l'exemple, bien sûr, le cas des aides opératoires.
    Je ne résiste pas enfin à rappeler qu'à plusieurs reprises les parlementaires et sénateurs de l'actuelle majorité (dont un ministre) ont tenté de déposer une loi autorisant les aides soignantes (elles aussi diplômées d'état depuis août et payées au smic dans le privé)à devenir libérales pour effectuer des soins primaires(toilettes et nursing).
    La profession d'infirmière est donc à mon avis en grave danger de dévalorisation mais aussi maintenant la profession de médecin...
    Tout cela au nom de la gestion financière de la santé.
    Et le malade, que devient-il au milieu de tout cela ???
    Après 40 années de bons et loyaux services je tire ma révérence un peu effaré des dérives de nos politiques et très inquiet pour mon avenir dans la vieillesse.

    Rodolphe Bochew Cadre de Santé

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