Faut-il toujours craindre la peste ?

Genève, le mardi 9 juillet 2019 - Fléau d’autrefois, en nette diminution ces dernières années, la peste n’a cependant pas disparu de la planète et pourrait remonter en puissance. On se souvient ainsi de cette épidémie de peste pulmonaire à Madagascar en 2017 dont l’ampleur (597 cas confirmés), la gravité (55 morts) et le caractère urbain et portuaire ont fait frémir les voisins de l’océan indien (dont la France avec Mayotte et la Réunion). L’impact économique fut dramatique sur ce pays déjà parmi les plus pauvres du monde. La peste, transmise principalement via la puce du rat, est en effet une maladie de la pauvreté ; le principal pays endémique actuel avec Madagascar est le Congo RDC (dans l’Ituri, d’ailleurs actuellement touché par Ébola) et la dernière épidémie la plus sévère était survenue en Inde en 1994 (876 cas dont 54 décès).

Spectaculaire

Dix fois moins en dix ans : la baisse de l’incidence mondiale de la peste, passant de 2 683 cas en 2008 à 243 cas en 2018, est jugée spectaculaire par l’OMS d’autant que seuls 5 pays ont rapporté des cas : RDC, Madagascar, Pérou, Bolivie et Etats-Unis. Le développement, l’amélioration du niveau de vie et la protection des récoltes (rats) sont des pistes d’explication de cette évolution positive, mais l’OMS ne se réjouit pas trop vite, consciente que 33 pays abritent des foyers naturels de l’infection (circulation du bacille dans le réservoir animal) et que la tendance est plutôt à leur extension géographique pour des raisons anthropiques et notamment du fait de la colonisation croissante de territoires par le rat noir.
Sachant de plus que la peste connaît de grands cycles pluriannuels dont l’origine est difficile à déterminer et que la surveillance animale est quasi inexistante, la peste reste une maladie redoutable, précise l’OMS, surtout dans sa forme pulmonaire, même si le traitement existe et que l’on n’a pas observé de résistance de Yersinia pestis.

Une transmission interhumaine de peste pulmonaire, la première dans ce pays depuis 1924, a d’ailleurs été observée aux États-Unis en 2014 et, tout récemment, en Mongolie, deux personnes sont mortes de peste septicémique (mai 2019). Ce n’est pas pour autant qu’il faut fuir ces pays… mais la vigilance est de mise pour les autorités sanitaires.

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/325481/WER9425-en-fr.pdf?ua=1

Dr Blandine Esquerre

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