Fermeture d’Osiris : le gouvernement a-t-il réellement tout prévu ?

Paris, le lundi 6 octobre 2014 – Nous l’avons évoqué dans ces colonnes cet été, le gouvernement a annoncé il y a quelques semaines la fermeture définitive du réacteur nucléaire Osiris, installé à Saclay et géré par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). On le sait, cette décision s’inscrit dans la lignée de l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui estime nécessaire un tel choix en raison du vieillissement de l’installation. Cependant, la suspension de l’activité d’Osiris à partir de janvier 2016 représente une véritable menace pour la médecine nucléaire : le réacteur assure en effet 10 % de l’approvisionnement en technétium-99 dans le monde. Il s’agit d’un apport significatif, qui pourrait n’être que difficilement remplacé alors que la fermeture de plusieurs réacteurs est prévue dans les mois et années à avenir et que le futur réacteur Jules Horowitz ne devrait être opérationnel qu’en 2020.

Une prise de conscience tardive ?

Face à ce risque de pénurie réel et confirmé par l’Académie de médecine, les syndicats sont très fortement mobilisés. Ainsi, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT et FO viennent d’adresser une lettre ouverte au Premier ministre ainsi qu’aux ministres de la Santé, de l’Education nationale, de l’Economie et du travail et de l’écologie pour rappeler une nouvelle fois le caractère problématique de la limitation annoncée de la production de technétium-99 et ce d’autant plus qu’il n’existe pas pour plusieurs examens d’alternatives (notamment en ce qui concerne les scintigraphies de l’enfant). Longtemps, le gouvernement s’est contenté de phrases lancinantes et se voulant rassurantes affirmant que les pouvoirs publics avaient un souci extrême de la continuité des soins. Mais aujourd’hui, en coulisses, selon les syndicats, le ton n’est plus aussi serein. Enfin, de véritables rencontres avec les spécialistes de médecine nucléaire s’organisent pour évoquer la question des alternatives. Les autorités sanitaires vont-elles enfin découvrir ce que les syndicats et les praticiens indiquent depuis plusieurs mois : à savoir l’absence d’examens de remplacement pour plusieurs indications, et d’une manière générale la perte de chances pour de nombreux patients liée à la restriction de la production de cet isotope médical ?

Affaire à suivre.

Aurélie Haroche

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